Bibliographie pasteurs nomades et transhumants

BALDIZZONE Giani et Tiziana, 2010, L'esprit nomade, Ed. La Martinière, 230p.

Voici maintenant 30 ans que Tiziana et Gianni Baldizzone parcourent le monde. Leur passion pour l’ethnographie les a menés aux quatre coins de la planète, avec une prédilection pour l’Asie et l’Afrique. C’est au cours de ces voyages qu’ils ont découvert des populations d’éleveurs nomades, aussi bien les Peuls et les Touaregs du Sahara que les Kirghizes des steppes d’Asie centrale et les Nenets de Sibérie. Ces peuples, bien que géographiquement très éloignés, possèdent tous une âme et des valeurs similaires. C’est cet « esprit nomade » que les photographes ont voulu ici nous faire découvrir. Cette conscience commune qui s’appuie sur des thèmes importants tels que l’harmonie avec la nature, la vie au rythme des animaux, le partage du savoir, la simplicité des besoins etc… Comme si les nomades du monde n’appartenaient qu’à un seul peuple !

BLANC-PAMARD Chantal, BOUTRAIS Jean, (éditeurs) Dynamique des systèmes agraires. A la croisée des parcours: pasteurs, éleveurs, cultivateurs, Centre d'études africaines 336p.

Un peu partout dans le monde, mais surtout en Afrique, l'activité d'élevage est mise en cause d'un point de vue à la fois écologique, social et économique. Dans une perspective pluridisciplinaire, les auteurs proposent des approches et des concepts pour construire une réflexion plus globale sur les systèmes d'élevage.

BERNUS, Edmond et POUILLON, François, 1990, Sociétés pastorales et développement, Cahier des Sciences Humaines / IRD,Volume 26, n°1-2,287 p.

Il y a si longtemps que l’on considère les pasteurs nomades comme les représentants d’une formule sociologique obsolète, en tout cas condamnée à court terme, que l’on devrait commencer à s’étonner qu’ils se soient maintenus jusqu’à nous. Sans doute les épreuves qu’ils ont traversées récemment, appelaient les diagnostics les plus pessimistes : repoussés par des agricultures conquérantes, cantonnés dans des zones déshéritées dont les conditions se détérioraient à vue d’œil, chassés de régions frontières mises en litiges armés, abandonnés par des pouvoirs basses dans des villes trop lointaines, décalés dans leur siècle, en raison de mentalités et d’un mode de vie surannés, c’était bien la légitimité historique qu’il leur faisait défaut.

BONTE Pierre, 2004, Les derniers nomades,Ed. Solar, 222p.

Qu'ils soient chasseurs-collecteurs, à l'instar des Aborigènes d'Australie ou des Bochimans du désert du Kalahari, éleveurs, tels les Peuls d'Afrique de l'Ouest ou les Bédouins du Sahara, ou nomades de la mer, comme certains peuples malgaches ou d'Asie du Sud-Est, les nomades exercent sur nous une réelle fascination. Partageant de nombreux traits identitaires, de leur habitat, qu'ils transportent ou recréent au gré de leurs déplacements, à la perpétuelle quête de leurs moyens de subsistance, en passant par une relation quasi symbiotique avec leur environnement, les nomades sont aussi le miroir de la diversité humaine, véritable kaléidoscope de cultures que l'on découvre au fil de cet ouvrage extrêmement documenté et superbement illustré. Un magnifique voyage qui, en apportant un éclairage sur le devenir des sociétés nomades, engage également une réflexion sur l'humanité et sur ses différences qui en font toute la richesse, une richesse à protéger absolument..

 

BOURGEOT André, 1999, Horizons nomades en Afrique sahélienne - Sociétés, développement et démocratie, Karthala, 481p.

La conception qui a présidé à la tenue et à la publication des Actes du colloque international consacré aux sociétés pastorales en Afrique sahélienne, s'appuie sur une approche pluridisciplinaire. Les vingt-quatre auteurs de ces Actes reflètent ce " métissage scientifique " qui associe étroitement chercheurs du Sud et du Nord. Cette approche révèle une intention clairement comparative puisque, sauf exception, chaque pays, de l'océan Atlantique à la mer Rouge, a fait l'objet d'une communication. Les thèmes présentés soulignent l'émergence d'une problématique des sociétés pastorales à la croisée de l'anthropologie des sociétés segmentaires ou hiérarchisées, de la géographie des parcours nomades et du droit concernant le foncier pastoral, au carrefour de l'agrostologie et de l'écologie des aires protégées. Quatre thèmes principaux, inscrits dans l'actualité sans pour autant s'y réduire, ont ordonné le déroulement des travaux et la publication des Actes. Ils permettent de prendre la mesure des évolutions qui ont affecté la question du pastoralisme depuis une trentaine d'années. Le premier, " Démocratie, décentralisation et pouvoirs locaux ", est consacré aux changements politiques dont l'Afrique a été le théâtre depuis le début des années 90. Le deuxième, " Organisation territoriale, transhumance et frontières ", se situe dans un contexte d'internationalisation des problèmes en matière d'élevage extensif. Le troisième thème, " Economie et savoirs pastoraux ", traite de la crise généralisée des sociétés pastorales confrontées à une extension conflictuelle et parfois meurtrière de l'espace agricole. Enfin, le quatrième thème, " Gestion des espaces pastoraux et agro-pastoraux : les enjeux du foncier ", renvoie directement à la gestion et à l'aménagement des espaces.

BOURGEOT AnDdré; GUILLAUME Henri (sous la direction) , 1989, États et Sociétés nomades, Politique Africane.

lien: http://www.politique-africaine.com/numeros/034_SOM.HTM

BOUZARD Wadi, 2002, Saisons nomades, L'Harmattan, 246p.

Cet essai traite du phénomène nomade. Le nomadisme est considéré dans son sens historique, traditionnel comme parfois, au sens symbolique. A des approches prenant appui sur un vaste corpus d'auteurs, succède une enquête de terrain effectuée sur les Hauts plateaux algériens. L'auteur s'est efforcé de rendre son texte le plus " lisible " possible pour un public élargi. Au delà des clichés, la condition de la plupart des nomades était pénible à maints égards. Mais, la passion de la liberté les habitait. N'étaient-ils pas en avance sur des sociétés sédentaires désormais saisies d'une frénésie de déplacement ? N'avaient-ils pas déjà compris que dans la capacité de se déplacer réside aussi un pouvoir ? Ici ou là, la fin du nomadisme traditionnel laisse place à de nouvelles formes de mobilité. Les nomades historiques, traditionnels qui n'avaient rien de virtuel achèvent de disparaître. Bientôt, ne serons-nous pas confrontés à leur silence ? Des chercheurs et des auteurs tels que Jean Duvignaud, André Miquel, Jean Ziegler... ont dit tout l'intérêt qu'ils trouvaient à ce texte. Selon Jean Duvignaud : " On a peu insisté sur le caractère du nomadisme ou de ses équivalents, sur ce mouvement quasi brownien qui affecte les groupes (...) une culture spécifique se définit dont les formes survivent dans les esprits et les figures que prend d'imaginaire (...) Wadi Bouzar prend dans son sens littéral cette réalité mouvante (...) les figurations symboliques, les modes de vie suggèrent un " modèle " d'existence commune et individuelle avec tout ce que ce mot comporte de dimensions diverses, souvent étouffées, détournées, méconnues ou refoulées (...) Wadi Bouzar mérite pleinement les éloges que lui ont déjà accordé plusieurs sociologues (...) Il fait partie de ces chercheurs qui s'attachent davantage à la part immergée de l'iceberg social qu'aux discours idéologiques, toujours déracinés..

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DAZAN D. BERTOMÉ H. BOISSEAU M. GRANGE C. 2002, Le pastoralisme au Sahel, EDICAGRI.

Depuis plusieurs décennies, les pratiques d'élevage dans les pays de la zone sahélienne évoluent du fait de l'internationalisation des échanges, sous l'influence de la sécheresse et des pratiques sylvicoles ou culturales. Ce CDROM fait découvrir l'évolution de l'élevage sahélien par l'image et le commentaire sonore. Les diaporamas interactifs sont regroupés en trois thèmes (l'élevage traditionnel, l'élevage incontrôlé, la redéfinition de la place de l'élevage) et en trois temps : la société traditionnelle, le temps des mutations, la recherche d'un nouvel équilibre. La richesse du contenu permet une exploitation dans plusieurs disciplines : éducation au développement (approches du Sahel) ; zootechnie (étude d'un système d'élevage d'abord traditionnel et stable puis dans une dynamique d'adaptation aux besoins humains) ; écologie (découverte d'un milieu en évolution rapide corrélée avec celle des pratiques humaines) ; économie (analyse des relations changeantes entre l'élevage et les autres piliers de l'activité) ; éducation socioculturelle (approche de la société rurale sahélienne).

DENIS Pierre, 1985, Les derniers nomades, Ed . L'Harmattan, 680p.

Un ouvrage sur les tribus Reguibat du nord de la Mauritanie Les Reguibat forment de loin la tribu la plus importante du Sahara occidental, comportant plusieurs dizaines de milliers de membres. Lors du recensement espagnol de 1974, ils représentaient plus de la moitié de la population du territoire. Les deux principaux groupes sont les Reguibat al-Sahel, à l'ouest, et les Reguibat al-Sharq ou Reguibat Legouacem, à l'est

DUTERTRE Guillaume, FAYE Bernard, 2010, L'élevage, richesse des pauvres, Ed. Quae.

Cet ouvrage montre combien l'élevage joue un rôle central dans la vie des paysans du Sud. Mais la richesse des éleveurs ne se réduit pas à la quantité d'animaux dont ils disposent. Les éleveurs sont amenés à arbitrer entre plusieurs objectifs d'utilisation du troupeau : alimentation de la famille, revenus monétaires, projets d'équipement, transmission du patrimoine, participation à la vie de la communauté. Et ils ont recours à de nombreuses organisations sociales pour atteindre ces objectifs et gérer les incertitudes . Pour être efficaces, les politiques d'appui à l'élevage doivent tenir compte de cette complexité stratégique et organisationnelle. S'appuyant sur une approche pluridisciplinaire du concept de pauvreté, l'ouvrage réfute les analyses du " niveau de pauvreté " en termes exclusivement monétaires. Mobilisant des outils et théories issus de la zootechnie, de l'économie, de la géographie et de la sociologie, il présente un large éventail d'observations de terrain réalisées en Afrique, au Maghreb, en Amérique du Sud et en Inde. Ces regards croisés permettent in fine de définir la pauvreté en élevage comme l'incapacité des éleveurs à réaliser leurs projets.

 

GARDELLE Linda, 2010, Pasteurs touaregs dans le Sahara malien - Des sociétés nomades et des Etats, : Buchet-Chastel, 214p.

Peut-on rester éleveur nomade aujourd’hui ? La question se pose particulièrement dans un pays comme le Mali où la société pastorale vit géographiquement éloignée du cœur économique et politique du pays et culturellement et linguistiquement en marge.
En particulier à l’heure des changements climatiques et de la mondialisation qui vient comme un rouleau compresseur culturel. Pour répondre à cette question, Linda Gardelle a vécu auprès des pasteurs touaregs et a rencontré et interrogé élites politiques touarègues, députés et ministres du gouvernement malien. A l’heure de l’ouverture démocratique du Mali, bien des choses se sont transformées dans la vie des habitants du Sahara : changements climatiques perturbants, attrait du mode de vie urbain, insertion difficile dans l’économie de marché… Ce livre tiré d’une thèse de sociologie consacrée aux relations des pasteurs nomades avec l’état présente leurs difficultés vécues mais aussi leurs sentiments quant à leur vie quotidienne et à un avenir incertain
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IMPB, UICN, 2007, Vents de changement en Afrique,changement climatique, adaptation et pastoralisme.

Avec les températures de plus en plus élevées et la distribution d'hauteur des précipitations de plus en plus variable et imprévisible, le changement climatique pourrait affecter les différents endroits, régions, et groupes de populations de manière différente. Les implications pour ce qui concerne les moyens d’existence des pasteurs ne sont pas encore suffisamment connues. Deux courants d’opinions semblent prévaloir. Certains perçoivent les groupes de pasteurs comme les « serins dans la mine de charbon » des processus en cours, car les pâturages vont de plus en plus tendre à s’assécher, et les manques d’eau actuels vont s’aggraver, affectant ainsi la durabilité globale de leurs moyens d’existence. Pour d’autres, les pasteurs sont les plus à même de s’adapter au changement climatique, car leurs moyens d’existence sont conçus pour faire face à la rareté et variabilité des ressources naturelles ainsi qu’aux conditions agro-écologiques difficiles et incertaines. Le changement climatique pourrait, on s’imagine, conduire à l’extension des territoires où le pastoralisme pourrait présenter des avantages comparatifs. Pour aller davantage en profondeur dans le débat,

JENSEN Marianne W.(IWGIA) (sous la direction),2009, Pasteurs nomades et transhumants autochtones,traduction en français en 2010 par le GITPA, L'Harmattan, 152p.

Les pasteurs nomades et transhumants constituent 100 à 200 millions de personnes dans le monde. Ils apportent une contribution importante aux économies locales, nationales et régionales. Les pasteurs ont beaucoup à offrir en termes de connaissances autochtones uniques, de contributions économiques, de diversité culturelle, etc. Mais, pour leur permettre de développer pleinement leur potentiel, il est nécessaire de corriger les idées fausses et de mettre en place de nombreux programmes et politiques de soutien.
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PIGUET François,1999, Des nomades entre la ville et les sables, la sédentarisation dans la Corbe de l'Afrique, Karthala.

La famine constitue aujourd'hui une tragédie médiatisée. Notamment, en Afrique, les pays de la ceinture saharo-sahélienne, de l'Atlantique à la mer Rouge, ont vécu, de 1968 à 1985, deux sécheresses aiguës ayant entraîné la famine. Cette catastrophe a plus particulièrement affecté les populations de pasteurs nomades. Par deux fois, les troupeaux ont été décimés, les nomades minés par la dénutrition se sont regroupés sous des abris de fortune, à la périphérie des villes et en bordure des axes routiers. Dépossédés de leur richesse et de leur puissance passée, le cheptel, les lourds bijoux des femmes, l'épée ou le poignard arboré par les hommes, ils sont démunis de tout, " clochardisés ". Cette ultime stratégie de repli du nomade a entraîné une forme de sédentarisation forcée qui a accentué le mouvement d'exode rural. Dès lors, la subsistance des nomades dépend de l'assistance familiale et de l'aide internationale, ainsi que de l'insertion dans des activités hors élevage. L'aide alimentaire et la logistique des organisations humanitaires induisent des effets pervers, tels que la chute de la production locale, l'abandon de pratiques traditionnelles et une dépendance, notamment liée aux changements d'habitudes alimentaires. Au-delà, le secteur informel (petite production marchande, micro-commerce et autres activités de services) se révèle parfaitement articulé à l'économie de l'aide qui polarise d'ores et déjà l'essentiel du tissu socio-économique. Si cette dernière contribue à la subsistance à court terme, le secteur informel constitue, quant à lui, un " sas d'adaptation " et la ville représente le lieu par excellence du changement social.

 

SCOONES Ian, 2000, Nouvelles orientations du développement pastoral en Afrique, Karthalla, 368p.

Depuis quelques années, de nombreux concepts figurant à la base de la gestion des terres de parcours et du développement pastoral en Afrique aride sont remis en question. Les pasteurs étaient jadis accusés d'être responsables de la destruction écologique des zones arides. Or, de nouvelles thèses écologiques montrent que cette accusation est sans fondement. En effet, dans des milieux non équilibrés, les risques de dégradation environnementale sont limités, car les troupeaux atteignent rarement des niveaux susceptibles de causer des dégâts irréversibles. En revanche, les variations pluviométriques importantes semblent constituer le principal facteur déterminant la disponibilité de l'herbe sur les terres de parcours. L'innocuité des pratiques traditionnelles de gestion pastorale sur l'environnement est désormais établie et les institutions coutumières de gestion des terres deviennent autant de modèles potentiels pour l'avenir. Toutefois, les résultats catastrophiques de certaines tentatives de soutien au développement pastoral ont découragé les gouvernements et les bailleurs de fonds d'investir dans les zones pastorales arides. Ce pessimisme n'est pas de mise. Il convient de penser, d'une part, aux frais énormes qui vont de pair avec la mise à l'écart de régions dont d'importantes populations humaines et animales tirent leur subsistance et, d'autre part, au consensus grandissant établi autour des promoteurs d'une nouvelle approche.. Cet ouvrage fait la synthèse de ces nouvelles réflexions en matière d'écologie des terres de parcours. Il intéressera les spécialistes du développement pastoral dans les zones arides, qu'ils soient chercheurs, responsables politiques ou actifs sur le terrain.

 

THEBAUD Brigitte, 1988, Elevage et développement au niger : quel avenir pour les éleveurs du sahel ? OIT 174p.

"La crise de l'elevage au Sahel est-elle due aux secheresses? Les secheresses n'ont-elles fait que declancher une crise tot ou tard inevitable? Telle est la question qui est a l'origine de cette etude. " "En conclusion, l'elevage sahelien est, selon certains, condamne a plus ou moins breve echeance. Pourtant, et de facon surprenante, on observe actuellement que l'investissement dans le betail est tres important en milieu rural sedentaire et en milieu urbain. Dans ce processus, l'animal n'est cependant plus considere comme un facteur de production assurant la subsistance et les revenus de la population pastorale, mais comme un moyen de speculation dont les benefices echappent de plus en plus aux eleveurs..."

 

ZECCHIN Franco, 1998, Nomades, Ed. La Martinière, 237p.

Après avoir consacré dix ans de sa vie à observer les populations nomades du monde, Franco Zecchin réalise un ouvrage bouleversant." J'ai vécu avec eux, j'ai partagé leur quotidien. J'ai cherché à être un témoin silencieux. " Silencieux mais résolument engagé puisque les dix séquences photographiques qui composent l'ouvrage témoignent des dangers actuels qu'encourent les nomades : destructuration sociale, exode, paupérisation, perte des traditions... Franco Zecchin ne pouvait que prendre parti. Ses photos retentissent comme un cri et un appel.