Bibliographie

BRIDGES Lucas E., 2010, Aux confins de la terre - Une vie en Terre de Feu (1874-1910), Nevicata, 645p.

Un immense enthousiasme accueillit la parution en 1948 d'Aux Confins de la Terre, le chef d'oeuvre classique sur la Terre de Feu qui inspira à Bruce Chatwin l'écriture d'En Patagonie. Cette oeuvre unique, qui relate "plus d'aventures que cent romans", s'est imposée depuis soixante ans comme l'incontournable référence littéraire sur ces régions du bout du Monde et la culture peu connue des Indiens fuégiens. E. Lucas Bridges naît en 1874 à Ushuaia, en Terre de Feu, à l'extrême Sud de l'Argentine. Une région sauvage, à l'époque grandement inexplorée. Son père, missionnaire anglican, s'y est établi quelques années auparavant avec sa famille. D'immenses étendues de montagnes, forêts et lacs les entourent, qui sont également le terrain de chasse de tribus hostiles et féroces. Lucas grandit parmi les Indiens Yaghans de la côte, apprenant leur langue et leurs usages. Plus tard, jeune homme, il entre en contact avec la tribu redoutée des Onas, devient leur ami et compagnon de chasse et est initié comme guerrier. La prédiction du critique littéraire du New York Times au moment de la parution de ce livre est à coup sûr encore d'actualité: "Je n'ai aucun doute qu'Aux Confins de la Terre trouvera sa place au panthéon de plusieurs domaines de la littérature: aventure, anthropologie et histoire frontalière"
.

 

CHAPMAN Anne, 2008, Quand le Soleil voulait tuer la Lune . Rituels et théâtre chez les Selk'nam de Terre de Feu, Métaillé.

Lola Kiepja, dernière descendante des Selk'nam (que leurs ennemis appelaient Ona), est morte en 1966; avec elle disparaissait le dernier témoin direct d'une haute culture et d'une antique société. Anne Chapman a effectué de nombreuses missions en Terre de Feu, chez les Selk'nam, entre 1964 et 1999. Aujourd'hui encore elle entend la voix de Lola psalmodier un chant pour Lune, la mythique matriarche bientôt vaincue par Soleil et ses alliés les hommes. A travers Lola, Angela et les travaux de l'anthropologue allemand Gusinde, tous disparus aujourd'hui, c'est le "secret" du Hain qu'elle cherche à reconstituer. Premier théâtre au monde, assure-t-elle, en tout cas théâtre et rituel unique au monde, qui a disparu avec les Selk'nam, le Hain consistait en un jeu de rôles très dangereux pour les humains tant du côté des acteurs que des spectateurs qui y participaient. Sur la scène du Hain, inversement symétrique du domicile céleste de Lune où elle reçoit les esprits des chamans qui lui rendent visite pendant l'éclipse, on voit surgir et s'opposer, nus sur la neige, des esprits masqués souterrains et célestes chargés d'une incroyable puissance, qui infligent aux jeunes initiés des épreuves cruelles et dégradantes qui doivent les conduire à la maturité. En révélant la complexité et la richesse de ce monde aboli, l'ethnologue montre ce qui a été perdu avec sa disparition, avec son génocide, et fait prendre conscience de l'atteinte qui a été portée à l'humanité tout entière

 

CHATWIN Bruce, 2002, En Patagonie, Grasset, 314p.

Départ pour une réserve d'excentriques ! Bruce Chatwin nous emmène à l'extrême pointe australe de l'Amérique du Sud où s'étend la Patagonie, siège de l'imagination de l'auteur britannique. Ce dernier en fait le repaire de tous les exclus, hors-la-loi, indésirables et autres rebuts de la planète. Vous y croiserez quelques Mormons, Juifs ou Boers fuyant qui un pays, qui une désillusion, ou en quête désespérée d'un peu de liberté ; ou encore le fantôme de Butch Cassidy qui y termina sa vie. Pourquoi avoir entrepris un tel voyage ? Tout a commencé avec la découverte d'un fragment de peau de brontosaure sur le buffet de sa grand-mère et, bien plus tard, avec celle d'une carte de la Patagonie chez une amie designer ! En Patagonie est certainement le récit de voyage le plus burlesque du genre. Il valut à son auteur une entrée remarquée en littérature (1979)

 

DARWIN Charles, 2012,Terre de feu, Magellan et Cie.

« Déterminant pour toute ma carrière, le voyage du Beagle fut de loin l’événement le plus important de ma vie. » Ce voyage n’a cependant pas été déterminant que pour la carrière de Charles Darwin : il l’est pour la science dans son ensemble, ainsi que pour la pensée sociale de l’Occident. Lorsqu’il embarque sur le Beagle le 27 décembre 1831, ce jeune homme de 22 ans n’est pas un croyant aveugle dans les dogmes de l’église, mais il n’est pas pour autant en rupture avec ceux-ci. c’est un naturaliste passionné et disposant d’une solide formation de terrain en entomologie et botanique, qui sait observer, récolter, conserver, identifier et nommer. Ses études de médecine lui ont apporté les connaissances nécessaires en anatomie, physiologie et dissection. Son séjour dans les contrées hostiles de la Terre de Feu va tout simplement révolutionner la science moderne. Texte extrait du Voyage du Beagle publié en 1839.

 

EMPERAIRE José, 2003, Les Nomades de la mer, Le Serpent de Mer, 344p.

En mars 1946, sur les côtes désolées des archipels de Patagonie, un bateau chilien débarquait à terre deux ethnologues français, José Emperaire et Louis Robin. Pendant vingt-deux mois, les deux ethnologues n'eurent d'autre compagnie que celle des Alakaluf, ce petit groupe d'hommes perdu dans la bruine des archipels. Peu à peu, une amitié inaccoutumée s'établit entre les nouveaux venus et les quelques familles Alakaluf qui, de temps à autre, reprenaient la vie nomade de leurs ancêtres et acceptèrent d'être accompagnées par les deux ethnologues pendant leurs fantastiques parcours dans la solitude des canaux. Le récit de cette longue cohabitation et ses résultats ethnographiques donnera Les Nomades de la mer. Mais les Alakaluf, comme les autres Indiens de l'extrême sud du continent américain, étaient depuis le début du XXe siècle en voie d'extinction. Dernier témoignage de ces peuples qui avaient longtemps fasciné les marins, savants et explorateurs, Les Nomades de la mer est un ouvrage passionnant sur un monde nimbé de mystères, et à jamais disparu. Publié initialement en 1953 par les éditions Gallimard, Les Nomades de la mer, est réédité ici pour la première fois. Il est complété par une préface de Dominique Legoupil (CNRS), ainsi que d'un prologue inédit d'Annette Laming-Emperaire.

 

GUINNARD Auguste,2009, Trois ans chez les Patagons, Ed. Chandeigne,392p

Une expédition hasardeuse à travers la Pampa, une boussole rouillée, et voici qu’Auguste Guinnard, jeune Français âgé de 24 ans parti faire fortune en Argentine, découvre la dure réalité de l’esclavage. Enlevé par des Poyuches, il sera au cours de trois ans de captivité vendu à d’autres tribus, les Puelches, les Tehuelches, puis les Pampas et enfin les Mamuelches. Affamé, battu, gelé, toujours dévêtu, obligé de s’alimenter de viande crue et de sang, témoin de scènes d’une grande violence, obligé de faire bonne figure, c’est à son insatiable curiosité qu’il devra son salut. Du fond de sa misère, il observe: les hommes, les femmes, la musique, le jeu, l’ivrognerie, la chasse, les chevaux... Mais aussi la naissance et la mort, l’éducation, la religion et la médecine, et même la langue. Au bout de l’enfer, la fuite. Trois chevaux crevés sous lui, les Andes traversées à pied et c’est enfin l’embarquement pour Paris. Son récit de vie, plus passionnant qu’un roman, est surtout un extraordinaire témoignage ethnologique. Publié en 1861, ce texte est fondamental pour la connaissance d’un moment clé du passé argentin alors que s’affrontaient deux modes de vie antagoniques: celle des Européens, sédentaires et dominants qui avaient besoin de paix pour se développer et celle des Indiens, nomades «par goût et non par nécessité» et indépendants, qui étaient forcés de combattre pour pouvoir survivre. Cette édition qui reprend l’intégralité du témoignage de Guinnard, est complétée par une anthologie inédite de textes du XVIe au XIXe siècle sur les Patagons et par un dossier iconographique original couvrant quatre siècles de rencontres avec les tribus patagones de la Pampa à la Terre de Feu..

 

MUSÉE DU QUAI BRANLY, 2012, Patagonie, images du bout du monde.

Publié à l'occasion de l'exposition Patagonie - Images du bout du monde, musée du quai Branly (6 mars - 13 mai 2012). Qu'évoque la Patagonie ? Un territoire du bout du monde aux contours flous, le mythe des géants patagons, des animaux fabuleux survivants de la préhistoire. Ces terres furent décrites pour la première fois par Antonio Pigafetta dans sa relation du premier tour du monde de Ferdinand de Magellan (1519-1522). Ce récit a inspiré depuis la littérature et l'imaginaire attachés à la pointe australe du continent américain. Patagonie, images du bout du monde explore ces territoires selon une géographie de la fiction, mettant en perspective la richesse et la diversité des représentations et des rencontres sur près de cinq siècles.

.

 

RASPAIL Jean, 2004, Adios, tierra de fuego, Albin Michel, 389p.

A l'extrême pointe du continent sud-américain, aux confins du détroit de Magellan et du cap Horn, s'étendent la Patagonie et la Terre de Feu. voyageant en 1951 dans ces terres reculées, Jean Raspail y a aussitôt reconnu la vraie patrie : celle du cœur. Elle a inspiré plusieurs de ses livres. A l'occasion d'un nouveau séjour, en 1999, il mêle ici les impressions d'autrefois et celles d'aujourd'hui, et ressuscite, avec une érudition immense et un irrésistible talent de conteur, les figures et l'histoire souvent épiques de tous ceux qui avant lui se sont aventurés sous ces cieux : corsaires et cavaliers, soldats perdus et missionnaires, explorateurs et fondateurs d'empires. Et celles aussi de peuples condamnés par la marche de l'Histoire, Tehuelches, Alakalufs, nomades de la mer... " Ce Sud du Sud est mon pays. Nul ne pourra plus m'y rattraper ", écrit-il. Ce livre est aussi une méditation très personnelle sur le temps qui passe, l'Histoire, les souvenirs et le monde d'aujourd'hui

 

RASPAIL Jean, 1981, Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, Albin Michel, 297p.

Sur une modeste tombe d'un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orelie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui se puisse concevoir... Durant les vingt-huit années du règne d'Orélie-Antoine, le rêve et la réalité se confondent aux bornes extrêmes du monde, là-bas, en Patagonie, au détroit de Magellan. Qui est Antoine de Tounens, roi de Patagonie, conquérant solitaire, obscur avoué périgourdin embarqué sur les flottes de la démesure, son pavillon bleu, blanc, vert claquant aux vents du cap Horn ? Un fou ? Un naïf ? Un mythomane ? Ou plus simplement un homme digne de ce nom, porteur d'un grand destin qu'il poursuivra toute sa vie en dépit des échecs, des trahisons, des sarcasmes qui peupleront son existence... Es-tu roi de Patagonie ? Je le suis ! Il n'en démordra pas. Roi il fut, quelques jours au moins, et toute une vie. Des sujets, il en eut : Quillapan, cacique des Araucans, Calfucura, cacique des Patagons, mais aussi Verlaine, Charles Cros, le commodore Templeton, le général Chabrier, l'amiral Dumont d'Urville, l'astronome Camille Flammarion, le colonel von Pikkendorff, Véronique, reine de Patagonie, aux multiples visages, et tant d'autres, le coeur débordant d'émotion, qui se déclarèrent un jour ou l'autre, l'espace d'un instant, sujets du roi Orélie-Antoine. Car nous sommes tous des Patagons. Là-bas, en Patagonie, l'homme devient roi. Sa longue nuit s'illumine.

 

RASPAIL Jean, 2001,Qui se souvient des hommes... Robert Lafont.

La montagne les terrifiait. L'eau seule était leur élément. Ils allaient d'île en île, de grève en grève, se bornant religieusement aux limites étroites du rivage. Un canot pour se déplacer, des braises pour conserver le feu, des peaux de phoque pour dresser la hutte, c'était tout. Ils n'avaient pas d'autre conscience du monde. " Un désert de glace. Des horizons voilés. La vie quotidienne des Alakalufs, peuple de Patagonie. Ils parlent le langage des étoiles, se peignent le visage en rouge et luttent contre l'esprit du mal, Ayayema. Ils découvrent l'homme blanc et sa mission civilisatrice. Ils sont observés, pourchassés, anéantis. Ils sont mille, ils sont cent, ils ne sont plus que quatre. Le dernier homme alakaluf se tient debout sur un rocher, il hurle son désespoir. La disparition d'une communauté. La fin d'un univers.

 

SARMIENTO DE GAMBOA Pedro, La première colonisation de la terredefeu, la coquètedu détroit de Magellan 1581-1584, Cosmopolis.

Le 25 septembre 1581, trois mille hommes et vingt cinq navires commandés par le conquistador Pedro Sarmiento de Gamboa, s’embarquent vers les confins des terres connues. Au nom du roi Philippe II d’Espagne, ils partent conquérir et peupler les terres glaciales et désolées du détroit de Magellan. Personne jusqu’alors n’avait osé imaginer pareille expédition. Lieu stratégique qui commande l’accès à l’océan Pacifique, le détroit de Magellan est l’objet d’une âpre rivalité entre l’Angleterre et l’Espagne, les deux grandes puissances maritimes de l’époque. De multiples contretemps et intrigues, vont ralentir l’expédition et il faudra toute l’énergie et le tempérament de Sarmiento pour la mener jusqu’à son terme. Le sort va s’acharner sur ces soldats et colons du bout du monde. Abandonnés par leurs chefs, attaqués par les indiens, sans ressources ni défenses sur ces terres inhospitalières, ils disparaîtront oubliés de tous. Rédigé par Pedro Sarmiento de Gamboa lui-même, à qui le Roi d’Espagne avait conféré le titre de Gouverneur et capitaine en chef du détroit et de ses colonies, ce récit grandiose et tragique a été traduit pour la première fois en français en 2001. Une enquête sur la vie de Sarmiento de Gamboa et un dossier sur les grandes expéditions maritimes au détroit de Magellan complètent ce document unique. André Roussel, traducteur du livre et auteur des textes de présentation, réside au Panama.

 
SARMIENTO DE GAMBOA Pedro, 2001, Moi, gouverneur du détroit de Magellan, Cosmopolis, 217p.