ASIE DU SUD

PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE





Les habitants de la Papouasie-Nouvelle-Guinée sont appelés des Papouans-Néo-Guinéens ou Papouasiens. C'est le pays le plus multilingue du monde avec plus de 800 langues pour une population de 4,5 millions d'habitants, une moyenne de 5600 locuteurs par langue. Le Summer Institute of Linguistics (SIL) y a répertorié 826 langues, mais une étude récente en a comptabilisé 860. La population de ce pays est donc très diversifiée non seulement au plan linguistique mais aussi au plan ethnique. Elle comprend d’abord des Papous (78 %), puis des Mélanésiens (20 %), des Negritos (pygmées) et un certain nombre d’Européens.

Le rapport entre le nombre des langues et celui des individus varie entre 1 et 5000; si ce rapport était, par exemple, appliqué aux États-Unis, on y parlerait quelque 50 000 langues. À l'intérieur du pays, la répartition des langues est inégale. Les 10 langues les plus répandues sont parlées par de larges groupes de l'intérieur des Hautes Terres, représentant de 30 000 à 100 000 locuteurs, soit presque un tiers de la population. Environ 80 % des langues comptent moins de 5000 locuteurs, et un tiers d'entre elles moins de 500. Ainsi, plusieurs de ces langues sont d'ores et déjà reconnues comme moribondes ou éteintes. Les régions où l'on trouve le plus grand nombre de langues sont celles des Basses Terres du littoral nord-est. On croit que le terrain montagneux de la Nouvelle-Guinée et son potentiel d'autosuffisance expliquent en partie la diversité linguistique du pays en raison de l'isolement physique des peules qui y vivent.

Les langues papoues

Les langues de la Papouasie-Nouvelle-Guinée appartiennent à deux familles linguistiques distinctes: d’une part, les langues papoues (78 %) et, d’autre part, les langues mélanésiennes (20 %) appartenant à la famille austronésienne. Donc, la majorité des langues sont des langues papous.

Les langues papoues sont réparties en 26 familles papoues (selon le linguiste William Foley), dont cinq groupes très importants et six groupes très limités; par ailleurs, il est à noter qu’une demi-douzaine des langues papoues sont tout de même demeurées tout à fait inclassables. Le nombre de locuteurs d’une langue papoue varie de 150 à 180 000 dans certains cas rarissimes, comme pour l'enga, la seule langue papoue importante parlée dans la province du même nom, située dans la partie ouest des Hautes Terres. Outre l'enga, il existe quatre autres langues autochtones comptant un grand nombre de locuteurs: le kuanua avec 80 000 locuteurs dans la région de Rabaul (province orientale de Nouvelle-Bretagne), le melpa avec 75 000 locuteurs dans la région des Hautes Terres occidentales, le kuman avec 70 000 locuteurs (province de Simbu) et le huli avec 65 000 locuteurs autour de Tari dans les Hautes Terres méridionales. Beaucoup de langues ont une extension très réduite et comptent moins de 100 locuteurs. En fait, la plupart des langues papoues sont utilisées par moins de 1000 locuteurs; il est fréquent de dénombrer moins d’une centaine de locuteurs pour plusieurs d’entre elles, ce qui explique le nombre élevé des langues en voie d’extinction.

Les langues papoues sont parlées dans la majeure partie de l'île de la Nouvelle-Guinée, notamment dans l’île de Halmahera du Nord, dans une importante section de l'île de Timor, sur l'ensemble des îles d’Alors et de Pantar, en plusieurs zones de l'île de Bougainville, dans quelques régions de l’île de la Nouvelle-Bretagne, dans l’île de la Nouvelle-Irlande et dans les îles Salomon.

Dans l'île de Bougainville, il existe au moins une vingtaine de langues papoues, dont les langues papoues de l'Est (buin, motuna ou siwai, uisai, koromira, lantanai, naasioi, nagovisi ou sibe, oune, simeku) et les langues du Nehan-Nord (buka, halia, petatz, nehan, papapana, hahon, saposa, teop, tinputz, solos).

Les langues austronésiennes

Du côté des langues mélanésiennes de la famille austronésienne, le nombre de langues de la région de la Nouvelle-Guinée approche 400, dont plus de 200 en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La plupart d'entre elles ne sont parlées que par de petites communautés linguistiques, généralement 300 locuteurs tout au plus. Le tolai dans l'île de la Nouvelle-Bretagne, qui compte 65 000 locuteurs, et le notou (plus de 10 000 locuteurs dans les villages de la région de la capitale) constituent de rares exceptions. Dans l’ensemble, le nombre total d'usagers des langues austronésiennes dans le pays ne représente qu'une petite partie de la population, soit environ 20 %.

Les langues austronésiennes sont parlées principalement dans les zones côtières et dans l'arrière-pays, en particulier dans les régions situées au nord-ouest, à l'ouest, au nord, au nord-est, à l'est, au sud-est et enfin dans la plupart des petites îles adjacentes. Les langues mélanésiennes surpassent même les langues papoues dans les îles de la Nouvelle-Bretagne, de la Nouvelle-Irlande, Salomon (à l'exception de l'île Bougainville où les langues papoues sont nombreuses), dans les îles de la baie du Geelvink, dans l'île de Timor, et elles se sont répandues dans certaines parties de l'île Halmahera. Dans l’ensemble des langues austronésiennes, celles-ci appartiennent à un sous-groupe particulier, celui des langues de l’Halmahera du Sud.

Source : L’aménagement linguistique