Sélection bibliographique

GABORIAU Marc,Le Népal - Une introduction à la connaissance du monde népalais, Ed.Kailash.

Le Népal s'étage sur le sud de l'Himalaya, entre le Tibet le bassin du Gange. Son peuplement ancien compte plus de 25 tribus, répartis sur la plaine, les montagnes moyennes et les contreforts himalayens. Elles ont conservé des langues et des structures sociales propres. Frottées d'hindouisme ou de bouddhisme, elles gardent un fond de religion tribale à base de chamanisme. Ces populations ont été submergées par quatre ethnies de gens de castes qui ont établi sur tout le pays la suprématie de la civilisation indienne : les Hindous de la plaine et les Musulmans venus du Sud, les Newar de la vallée de Katmandou, et finalement les indo-népalais venus de l'Ouest ; ces derniers, maîtres des montagnes moyennes, ont unifié au XVIIIè siècle le pays autour de sa monarchie et imposé la langue nationale : le népali. L'évolution récente menace cette hégémonie des montagnes moyennes, autrefois les plus peuplées, au profit de la plaine qui abrite aujourd'hui la moitié de la population. La libération du régime depuis 1990, a porté au grand jour les revendications des ethnies et des communautés religieuses minoritaires, notamment celles des bouddhistes.
Marc Gaborieau, né en 1937, est agrégé de philosophie et docteur es lettres. Formé en islamologie, il s'est spécialisé sur le terrain dans l'ethnologie et l'histoire des minorités musulmanes du sous-continent indien. Ce livre est le résultat d'un enseignement de la civilisation du Népal à l'INALCO, à partir de 1968.


 
STEINMANN, Brigitte,2006, Le maoïsme au Népal. Lectures d’une révolution. Paris, CNRS éditions, 250p.

Depuis 1996, une guérilla qui se réclame du maoïsme s'est répandue au Népal. Elle s'est irrémédiablement radicalisée en réaction à la répression tous azimuts lancée par le nouveau roi à l'automne 2001. Elle asphyxie progressivement la vallée de Katmandou, centre politique et économique du pays. Après avoir replacé cette rébellion dans son conteste, l'ouvrage offre une éthnographie de la guérilla et de ses méthodes d'encadrement de la population. L'analyse du mouvement permet d'étudier la mise en scène de la révolution dans la presse et les sites internet de tout bord. Elle reconstitue ensuite son idéologie - marquée par le messianisme et le puritanisme - en rapport avec le maoïsme chinois qui lui sert d'étiquette, les précédents cambodgien et sud-américain qui ont justifié sa violence, et enfin le " naxalisme - indien. Elle démontre enfin l'enracinement dans l'histoire du Népal de cette révolte qui relaie, à travers ses cadres de hautes castes, l'idéologie guerrière nationale cultivée traditionnellement par ce royaume himalayen, et qui trouve son terreau dans la résistance des petits paysans et des " sans terre " à l'exploitation par l'aristocratie. Cette première étude d'ensemble, qui fait largement appel à des chercheurs népalais, est indispensable pour comprendre l'actualité du Népal : pour la première fois depuis le XVIIIe siècle, la monarchie hindoue est remise en question. Ce royaume longtemps isolé est rattrapé par les évolutions sociales et politiques du reste du sous-continent indien, et devient un enjeu de géopolitique internationale.
Brigitte Steinmann, maître de conférences HDR à l'université de Montpellier III et membre de l'unité de recherche du CNRS " Sociétés de l'aire tibétaine ", effectue des recherches ethnologiques intensives au Népal et au Sikkim depuis les années 1980


 

 

 

LECOMTE-TILOUINE, Marie : "La désanskritisation des Magar, ethno-histoire d’un groupe sans histoire", pp. 297-327, Purushartha 23 “Tribus et basses castes”, M. Carrin et C. Jaffrelot eds, EHESS, Paris, 2002.