Filmographie autochtones Russie

Anna, Markku Lehmuskallio, Anastasia Lapsui, 1997, 35'

Un documentaire russe tourné en 1954 montrait les habitants de la presqu'île de Taïmyr, au nord de la Sibérie centrale. En 1996, Lehmuskallio et Lapsui retrouvent une petite fille qui y figurait. C'est Anna Momde, une Nganasan, ancienne élève modèle d'un internat communiste devenue commissaire politique, qui a quitté le Parti en 1996. Son travail consistait à persuader son peuple d'abandonner la toundra pour le système communiste. Anna regrette ses actes et cherche à renouer avec le clan de ses ancêtres issu de l'origine du monde. Sa confession creuse une entaille dans la blessure du peuple le plus septentrional de la terre. Ce film est le portrait tragiquement beau d'une femme qui s'est trompée.

 

 

Dersou Ouzala, l'aigle de la taiga, Akira Kurusawa,1975, 2h10.

En 1902, dans la région d'Oussouri où il est chargé de faire un relevé topographique, Vladimir Arséniev rencontre un étrange petit homme aux yeux bridés qui accepte de lui servir de guide: Dersou Ouzala. Cet homme sage et sans âge, chasseur, respecte et aime cette taïga qu'il connaît par coeur. S'il a une belle âme il se dit pourtant "mauvais homme", car il cède parfois à des petites tentations. Lorsque Vladimir Arséniev repart, il refuse de la suivre en ville. Mais des années plus tard les deux hommes se retrouveront, la Taïga étant moins clémente avec Dersou Ouzala.

 

7 Chants de la toundra, Markku Lehmuskallio, Anastasia Lapsui, 2000,90'

Ce film est le premier long-métrage en langue nenets. Les Nenets sont un peuple, proche des Inuits, qui vit dans la toundra au nord de la Russie. En travaillant autour de plusieurs légendes nenets, en les intégrant dans des scènes de la vie quotidienne, Anastasia Lapsui a réalisé ce film où chacun joue son propre rôle.

 

Fata Morgana, Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio, 2004, 57'

Sur la côte du Détroit de Bering, les Tchouktches sont les habitants les plus orientaux d'Asie. Ils ont vécu dans des conditions extrêmes pendant des siècles grâce à la pêche au phoque. Jusqu'à ce que les tentacules de l'empire soviétique les rejoignent. Aujourd'hui, encerclée par l'alcoolisme et le désœuvrement est née une nouvelle génération tchouktche, déterminée à sauver sa culture. Une superbe évocation de l'univers de ce peuple à travers des portraits de femmes décidées à réapprendre leur langue d'origine, des extraits de films ethnographiques du début du 20e siècle et, initiative rare dans un documentaire, la reconstitution de mythes en images d'animation.

 

La Fiancée du 7e ciel. Jumalan morsian, Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio, 2003,1h25.

Dans la culture Nenet, une petite fille peut être offerte au dieu Num pour une durée variable pouvant aller jusqu'à sa vie entière. Ce n'est qu'à la fin de cette période que la femme peut prendre un mari. Numd Syarda (“liée à Num“) a été promise avant même sa naissance. Devenue vieille, elle raconte à une petite fille aveugle, Ilne (“celle qui donne la vie“), sa vie de fiancée d'un dieu.

 

L'appel de la toundra : une famille tchouktche cherche une voie entre nomadisme et modernité, Joëlle Robert-Lamblin,2007,22'

Le long de la frontière entre la Yakoutie et la Tchoukotka, près de l'embouchure du fleuve Kolyma, un groupe familial d'une trentaine d'âmes expérimente une solution originale pour mener une existence autonome. A la chute du régime soviétique, les éleveurs tchouktches Egor Noutendli et sa femme Akoulina Kemlil, ont revendiqué la propriété d'une partie du troupeau de rennes jadis confisqué à leurs parents et la jouissance d'un territoire. Avec leur parentèle, ils ont constitué une petite coopérative familiale consacrée à l'élevage et à la pêche. Encore entièrement nomades en 1993, ils ont depuis bâti une base permanente à Krasnouchka, où les plus âgés se sont établis. Le film suit les membres de cette communauté dans les trois lieux où se développent ses activités : - dans la toundra où une partie du groupe, perpétuant un mode de vie nomade, veille à la prospérité d'un troupeau de 2000 rennes. Contraints à une transhumance perpétuelle, ces pasteurs ont conservé des méthodes d'élevage traditionnelles. Seule concession à la modernité, ils entretiennent une liaison radio avec les autres membres de la communauté ; - à Chalaourovo, où deux membres de la famille se consacrent à la pêche fluviale. Leur production vendue dans les villes yakoutes, contribue pour une part importante aux revenus de l'entreprise ; - à Krasnouchka, où est établie la base fixe. Dans ce petit hameau qu'ils ont construit, Egor et Akoulina comptent passer leurs vieux jours dans un certain confort et accueillir leurs proches. Ils ont entrepris d'y bâtir une école afin de transmettre à leurs petits-enfants, actuellement scolarisés dans la ville de Tcherski, un héritage culturel extrêmement menacé
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Le Père, le Fils et le Saint Torum, Mark Soosaar,1995, 89'

Deux mondes différents se rencontrent dans ce drame familial documentaire du réalisateur estonien Mark Soosaar. Un monde est conservateur et traditionnel tandis que l’autre est flexible. Père et Fils. Chamane et homme d’affaires. Ils appartiennent tous deux à un peuple sibérien en voie de disparition, les Khantys. Le fils travaille pour une compagnie pétrolière russe qui pompe des millions de barils de pétrole sur les terres ancestrales des Khantys. Son travail consiste à contraindre son propre peuple à vendre ses terres. Le chamane résiste avec son tambour et sa tête d’ours... Le fils prodigue a deux visages. Torum, le dieu principal des Khantys, est lui aussi devenu double sous la pression de la société de consommation....

 

Le voyage perpetuel, Markku Lehmuskallio, Anastasia Lapsui, 2007,1h18.

La vie quotidienne des Nenets dans la toundra du Grand Nord. Une méditation sur l'essence de cette vie emportée régulièrement ailleurs par les saisons, par le lien charnel au troupeau. Une vie entièrement vouée à une rudimentaire survie, mais où chacun de ces actes élémentaires (manger, s'occuper des bêtes, monter la yourte, faire bouillir l'eau pour le thé) semble un geste sacré dans ce grand rituel engagé entre l'homme et la nature. Tourné en noir et blanc, ce long poème élégiaque chante la lente disparition d'un peuple à travers celle de sa langue, de sa culture

 

 

Le pécheur, Nikolaï Neoustroïev, Viatcheslav Semionov,2012 Livre DVD.

Livre-DVD / Nouvelle de l'écrivain iakoute Nikolaï Neoustroïev et un court-métrage de Viatcheslav Semionov. Une préface de l'anthropologue Emilie Maj et une interview du réalisateur iakoute V. Semionov. Des illustrations de Natalia Semionova et des photos du film. L'histoire d'un viel homme qui vit seul au bord d'un lac dans le nord de la Sibérie. Un jour, un homme apparaît à la surface du lac. Il croit tout d'abord que c'est l'esprit du lieu... un film poétique dans la lignée artistique des réalisateurs asiatiques.

 

 

Neko, dernière de la lignée, Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio, 2010, 1h20.

Neko fait partie du peuple des Nenets qui vivent dans la toundra sibérienne. On est dans les années quatre-vingt et l'Union soviétique de l'époque procède au déplacement des Nenets parce que l'on suppose que d'immenses gisements de gaz se trouvent dans le sous-sol des terres qu'ils habitent. Neko vit avec son père et sa grand-mère en pleine solitude. Ils se déplacent en kayak, attrapent des poissons et chantent les chansons des chamans. L'enfance idyllique de Neko touche à sa fin lorsque sa mère l'envoie contre son gré dans un internat soviétique. Il ne faut plus compter en rennes et en poissons mais avec des chiffres. Cela va mal tourner... Le film se base sur les souvenirs d'enfance de la réalisatrice Anastasia Lapsui.

 

Taïga, terre des chamans, Marc et Catherine Garanger, 1997, 52'.

Au fin fond de la fédération de Russie, se trouve le pôle de froid du monde. Jusqu'à moins 73 degrés l'hiver, souvent plus de trente degrés en plein été. C'est dans cette Sibérie extrême-orientale, recouverte d'une immense forêt, la taïga, que vit un tout petit peuple de 15 000 âmes, les Evenkis, ancêtres des Indiens d'Amérique. Peuvent-ils encore survivre malgré la colonisation russe et les graves dangers de pollution ? Cette forêt n'est-elle qu'un désert glacé ou bien un univers étrange peuplé d'esprits et de chamans ? Ce film nous fait découvrir le chamanisme, une des croyances les plus anciennes de l'humanité, qui permet à l'homme de vivre en harmonie avec "Mère Nature".

 

Scènes de vie chez les Evenes de Yakoutie, Joëlle Robert-Lamblin,2000, 29'

Les Evènes regroupés dans la vallée de la Berëzovka, constituent une enclave ethnique, économique et culturelle en territoire yakoute. Vivant d'élevage de renne et de chasse, et parlant une langue de la famille toungouzo-mandchoue, ces Evènes de la Moyenne Kolyma ont plus longtemps résisté à la collectivisation soviétique, de même qu'à la sédentarisation, que d'autres minorités sibériennes d'éleveurs de rennes. Actuellement, alors que la renniculture traverse une crise, les plus anciens de cette communauté s'efforcent de préserver son identité (langue et savoir-faire, tels que traditions culinaires, vestimentaires, culturelles) au sein d'une société multiethnique. Les séquences ont été tournées : - dans le village autochtone évène de Berëzovka, - dans le centre régional de Srednekolymsk, - dans le village yakoute de Nalimsk, - ainsi qu'à Yakoutsk, capitale de la République Sakha/Yakoutie.

 
Scènes de vie chez les Evènes du Kamtchatka : région de Bystrinski, Joëlle Robert-Lamblin, 2004,33'

Ce film présente des aspects de la vie des Evènes, minorité ethnique d'éleveurs de rennes arrivée au Kamtchatka central dans la deuxième moitié du 19ème siècle. Il illustre la transformation de son mode d'existence ; depuis le début des années 1990, la renniculture, très affaiblie par la chute de l'Union soviétique, ne concerne plus en effet qu'une infime partie de la population autochtone de cette région
 

Loup, Nicholas Vanier, 2009,1h42.

Sergueï est un Évène, ces nomades éleveurs de rennes qui vivent dans les montagnes de Sibérie orientale. A l'âge de 16 ans, Sergueï est nommé gardien de la grande harde du clan de Batagaï. Ce clan - dont le chef n'est autre que son père - est composé de quatre familles et de leur harde de 3000 rennes qu'ils conduisent d'un alpage à l'autre au gré des saisons. Dans cette immensité, le loup rôde et menace en permanence les rennes ; unique richesse et fierté des Évènes. Dès son plus jeune âge, Sergueï a appris à chasser et abattre les loups sans état d'âme. Jusqu'au jour où sa rencontre avec une louve et ses quatre adorables louveteaux va bouleverser toutes ses certitudes... C'est à cet instant que sa vie bascule. Pour protéger "ses" loups, Sergueï va transgresser les lois millénaires de son peuple et ainsi trahir son père et son clan. Dans l'insouciance de sa jeunesse, Sergueï va braver l'interdit : le jeune garçon et les louveteaux vont mutuellement s'apprivoiser. Par amour, il partagera ce lourd secret avec la belle Nastazia. Mais c'est sans compter que le loup garde son instinct de prédateur...