Bibliographie Russie

BOGDAN, Henry, 1993, Histoire des Peuples de L'Ex U.R.S.S Du IXe Siècle a nos Jours, Ed Perrin.

La désagrégation de l'URSS, commencée en 1990 avec la sécession des Pays baltes, puis sa disparition, entérinée le 31 décembre 1991, et le réveil explosif des nationalités russes et non russes, ont révélé à un monde endormi par la propagande ("la communauté fraternelle des peuples soviétiques ") que les Soviétiques étaient surtout des Russes, des Ukrainiens, des Arméniens, des Ouzbeks, des Géorgiens, des Tchétchènes, des Ossètes, etc. Pour expliquer ce qui se passe et éclairer l'avenir, le professeur Henry Bogdan a écrit l'indispensable ouvrage qui, couvrant plus de mille ans d'histoire, répond aux questions que se posent les gens soucieux de savoir et de comprendre. Comment, du IXe siècle (la Russie de Kiev) à la fin de l'URSS, s'est effectuée l'intégration à la Russie, de gré ou de force, de quelque cent cinquante nationalités de langue et de culture différentes ? Qui sont ces peuples allogènes qui affirment aujourd'hui, parfois brutalement, leur identité ? Quelle est leur histoire ? Quelle a été la politique des tsars, puis de l'Etat soviétique à leur égard ? Enfin, à partir de là, quelles sont les perspectives de cet empire atomisé ?

 

CHARRIN, Anne-Victoire (Sous la direction de), 1994, Les Sibériens. De Russie et d'Asie, une vie, deux mondes, Ed. Autrement, 253p.

Bagne extrême, toundra infinie, Eldorado inépuisable, au-delà des clichés la Sibérie réelle est demeurée pratiquement inconnue des Occidentaux jusqu’à ces dernières années. Car il faut dire et redire, fait rare dans l’histoire de l’humanité, qu’un continent entier a été bouclé, interdit, au secret pendant des siècles. Sur cette terre, pourtant, les peuples autochtones, adeptes du chamanisme, vivant de la pêche, de la chasse et de la cueillette, puis les vagues de migrants, ont élaboré une histoire, leur Histoire. Ils se sont affrontés parfois impitoyablement, ou ont coexisté plus pacifiquement, mêlant toujours leur sang de gré ou de force, d’Orient et d’Occident. Le mépris du système totalitaire pour les cultures de l’Autre a occulté et parfois détruit les mémoires. Aujourd’hui, surgissent de cet univers flou, des visages, des modes de vie, sans bien savoir ce qu’ils sont. Asiatiques et Blancs de Sibérie, colons et colonisés, se débattent dans la tragique opposition des idéologies et des traditions. Certains redécouvrent l’orthodoxie, l’islam, le bouddhisme, le chamanisme, tandis que d’autres s’apprêtent à brader les richesses et à détruire l’environnement pour un profit immédiat. Echapper au rouleau compresseur de l’économie de marché, reconquérir la passé sans succomber aux tentations de l’ethnicisme, assumer son âme métissée, c’est une nouvelle aventure qui commence pour cette région, pour ces hommes oubliés de Sibérie.

 

DESPLANQUES, Franck THIBAUDAT, Jean-Pierre, 2005, Nenetses de Siberie, Les Hommes Debout, Ed. Le Chene, 255p.

Ce livre témoigne des conditions de vie des Nénetses de Sibérie dans un environnement extrême et de leur adaptation à une histoire mouvementée. Le reportage photographique est complété par 9 portraits d'éleveurs de rennes, de pêcheurs traditionnels, de villageois touchés par le chômage et le déracinement et de Nénetses qui ont décidé de reprendre leur avenir en main.

 

DOURY, Claudine, THIBAUDAT, Jean-Pierre (Texte de), 1999, Peuples de Sibérie, Ed. Seuil, 143p.

La Sibérie évoque d’immense espaces qui lient, séparent Orient et Occident. Images contrastées d’une terre où la richesse de l’or et des diamants voisine avec l’apocalypse industrielle et le noir souvenir du goulag. On connaît moins l’existence de 26 minorités autochtones dispersées sur le territoire, mosaïque d’identités aujourd’hui menacées. Claudine Doury, photographe à l’agence Vu, est allée à plusieurs reprises à la rencontre de ces populations. Ses photographies témoignent de vies qui ne sont jamais détourées de leur contexte. Les visages, les gestes simples de la vie quotidienne révèlent la tension d’hommes et de femmes prient entre un héritage toujours présent mais qui s’évanouit et un monde en transformation qui se dérobe à eux. Peuples de Sibérie affirme la nécessité de connaître aujourd’hui ces cultures, vulnérables mais vivantes en dépit de contraintes économiques et politiques pesantes. Le travail photographique de Claudine Doury pose la question du destin de ces peuples et fait signe à nos propres interrogations. (Bernard Laterjet, Président du parc de la Vilette).

 

GARANGER, Marc, HAMA, Roberte, 1999, Taiga, terre des chamans, Ed. Imprimerie Nationale, 216p.

Les immensités glacées de la taïga sont un univers clos où se joue le rapport primordial de l'Homme et de la Nature, celui de la magie du chaman qui tisse tant de ressemblances entre peuples sibériens et amérindiens.Pour les peuples de la taïga, Toungouses et Iakoutes, la chasse est échange entre l'homme et la nature. Le chaman obtient la «chance», mais le chasseur doit «rendre» pour le gibier obtenu, d'où un respect quasi écologique envers la nature. La pratique du chasseur donne corps à l'idée de nature vivante et fait naître un imaginaire animiste que soulignent les plans grandioses et les détails symboliques des prises de vue de Marc Garanger.

 

GAUTHIER, Yves, GARCIA, Antoine, 1999, L'exploration de la Sibérie, Ed. Acte Sud, 470p.

Entre les premiers aventuriers cosaques franchissant l’Oural et l’ouvrier stalinien qui parcourt à vélo le Taymir, ce véritable continent qu’est la Sibérie vit progresser nombre d’explorateurs. Etrangers aux services des tsars, décembristes d’Irkoutsk curieux du lieu de leur exil, cartographes infatigables accompagnés de guides indigènes dévoués, ils réduisirent les taïgas inquiétantes, les toundras désolées, les montagnes inconnues, à une carte dont le lac Baïkal est le fleuron, à un pays que ne limitent plus que l’Amour et les océans Arctique et Pacifique. Au fil d’anecdotes, de portraits, Yves Gauthier et Antoine Garcia nous content avec rigueur, cartes à l’appui, illustrée de documents parfois inédits, l’exploration d’une région du monde jusqu’à peu encore si méconnue qu’il n’existait aucun ouvrage de fonds similaire.

 

LATREILLE, Francis, 2003, Dolgans, les derniers nomades des glaces, Ed. Hors collection, 160p.

Les Dolgans ne sont plus que 250 à vivre dans la toundra du Taïmyr, dans le Grand Nord sibérien. Un territoire de la taille de la France, couvert de neige dix mois par an et où les températures peuvent descendre à - 60 °C. Le photographe Francis Latreille est allé à la rencontre de ces derniers nomades des glaces, a vécu avec eux la transhugiance de leurs immenses troupeaux de rennes, leur isolement effroyable durant la nuit polaire et leurs épreuves au quotidien. " Résister à de telles températures, passer plus de trois mois par an dans la nuit totale, sans électricité, avec pour unique source de chauffage un petit poêle à bois ; dépenser autant d'énergie pour survivre ! Il serait si simple de baisser les bras, de choisir le confort, de transiger avec les traditions, bref d'aller s'installer en ville comme les autres... Au début, j'étais intrigué. Que peut-il rester d'humain quand on passe tout son temps à se battre pour assurer son existence ? " C'est au contraire une communauté étonnamment heureuse et sereine que Francis Latreille a découverte et qu'il raconte dans ce superbe et émouvant " carnet de route ", illustré de photos magnifiques, de dessins et d'objets dolgans

 

LE BERRE -SEMENOV Marine, 2009, Renaissantismes et renaissance des Peuples du Nord: Evolution de la Question Autochtone en Republique Sakha (Yakoutie) dans le Contexte des mutations post-sovietiques,Ed. Peeters,403p.

M. Leberre Semenov analyse la stratégie identitaire ethniciste des élites sahkas qui ont essayé par ce biais durant les quinze dernières années d’asseoir leur pouvoir politique et culturel sur leur territoire, pour s’en voir récemment dépossédées par la révision politique préconisée par Vladimir Poutine, désireux de contrôler les richesses minières considérables de leur république. Selon cet auteur, cette stratégie « identitaire » a créé de nouvelles divisions difficiles à surmonter.

 

MAJ Émilie, LE BERRE -SEMENOV Marine, 2010, Parlons sakha, langues et culture iakoutes, L'Harmattan.

Les Iakoutes vivent dans un environnement de taïga, très différent de leur steppe d’origine. Ils y élèvent, jusqu’au-delà du cercle polaire, des vaches et des chevaux, pratiquant, pour les seconds, un élevage extensif dont les techniques s’apparentent au gardiennage des rennes pratiqué par leurs voisins toungouses. Le livre présente la langue et la culture des Iakoutes et propose un lexique et une liste très complète d’éléments bibliographiques. Le CD qui l’accompagne fait vivre le texte, en le ponc- tuant d’extraits sonores issus des traditions orales sakha et de l’ambiance de la grande fête de l’Yhyakh. Ludique, l’ouvrage cont i ent des devinettes que le lecteur pourra déchiffrer en iakoute et écouter sur le CD, et dont il pourra consulter la réponse en fin de volume.

 

MALAURIE, Jean, 2005 (2e édition revue et augmentée), Hummocks 2 : Tome 2, Tchoukotka (Sibérie), Aux origines mythique des Inuit, Ed. Pocket, Coll. Terre Humaine, 619p.

Jean Malaurie arrive enfin en Sibérie nordorientale (Tchoukotka), berceau de la civilisation Inuit! Aujourd'hui, au terme de cette étonnante mission d'enquête de 42 ans, sur l'immense espace du Groenland à la Sibérie, relatée dans les quatre volumes d'Hummocks, l'auteur s'interroge encore sur cet extraordinaire site chamanique : l'Allée des Baleines. Il est le premier Occidental, en septembre 1990, à étudier ces îles sacrées, sanctuaire d'Aghwooq, la baleine inuit. Dans un temps profond, les Inuit préhistoriques hypersensorialisés perçoivent l'esprit de la matière; ils nous le révèlent dans leurs mythes surréalistes où l'homme-oiseau, l'homme-loup, dialoguent dans une nature édénique. Dans ce Moby Dick béringien, les chasseurs, maîtres des nombres et des orientations sacrées, vivent une véritable cosmo-dramaturgie. On ne va pas vers le Pôle, on monte vers ce haut lieu sacré. Dans cet ouvrage, Jean Malaurie explore aussi, avec sa grande expérience, les travaux de Béring et de ses prédécesseurs russes. Il nous fait également participer à la création de l'Académie polaire d'Etat, à Saint-Pétersbourg, dont il est l'un des fondateurs et où sont formés les cadres de la Sibérie de demain.

 

OMRUVIE, Charles WEINSTEIN (Traduction du Tchouktche et préface par), 2008, Omruvié, Éleveurs de rennes, Ed. Autrement, 96p.

Jamais, dans l'histoire des Tchouktches, un éleveur de rennes ne s'était perdu. Comment expliquer, alors, la disparition soudaine de Maravié ? Omruvié, en racontant la vie des éleveurs de rennes, renoue avec la mémoire et la langue de son peuple aujourd'hui menacé. A travers ce récit il évoque, de façon sobre et émouvante, la destruction des plus vieilles traditions tchouktches par les plans de collectivisation soviétique.

 

RYTKHEOU, Youri, GAUTHIER, Yves (Traducteur), 2004, Unna, Ed. Actes Sud, Coll. Babel, 253p.

La carrière d'Unna, petite fille de la toundra tchouktche, est tout bonnement exemplaire. Précocement russifiée, sédentarisée et convertie aux valeurs soviétiques, elle s'arrache sans regret à son milieu d'origine, affirme ses qualités de militante, poursuit une impétueuse ascension politique. Mais quelques faiblesses se manifestent lorsque, jeune femme, elle croise le chemin d'un violoncelliste juif dont elle s'éprend. Alors le vent tourne pour Unna, ou plutôt contre elle et sévèrement. La fiction condense ici magnifiquement l'histoire collective pour témoigner de la dépersonnalisation de tout un peuple soumis dès les années 1960 à un inexorable processus d'acculturation. Unna a reçu le prix RFI Témoin du monde 2000.

 

SILBERSTEIN, Jil, 2005, Dans la Taiga céleste : entre chine et russie, l'univers des touvas, Ed. Albin Michel, 496p.

Les voyageurs occidentaux les ont rencontrés sur la Route de la Soie, ils ont fourni bon nombre d'hommes et quelques généraux au redoutable Gengis Khan, on dit même qu'ils sont les descendants des Huns, mais les Touvas, ce peuple de nomades éleveurs convertis au bouddhisme, ont surtout marqué une forte résistance envers leurs grands voisins russes et chinois et leur volonté de centralisation et de sédentarisation, au fil de l'histoire. Précipitée dans le bloc soviétique, la République de Touva proclame sa souveraineté et se dote d'une constitution au moment où l'Union Soviétique s'effondre, mais sans pouvoir vraiment fausser compagnie à la Fédération de Russie... Jill Silberstein est allé à la découverte de cette culture et de ce peuple, les Touvas, a partagé leur vie dans les yourtes, sur la taïga, a pris part à leurs jeux, écouté les instruments traditionnels et les chants de gorge, écouté les récits immémoriaux comme les histoires contemporaines. Parfaitement documenté, extrêmement vivant, ce livre nous entraîne aux confins de l'Europe et de l'Asie à la découverte d'une culture millénaire.

 

TONOLLI, Frédéric, 2007, Les Enfants de la baleine : Un an au pays des Tchouktches de Sibérie, Ed. La Martinière, 168 p.

Entre l’Alaska et la Sibérie, vit depuis des siècles un peuple ancestral : les Tchouktches. Frédéric Tonolli, qui a déjà réalisé trois documentaires sur eux, est parti vivre plus d’un an aux cotés de ces chasseurs de baleines dans le village de Ouélen, à quelques kilomètres sous le cercle polaire. Là-bas, la vie quotidienne est rythmée par les départs en mer, l’élevage des rennes et la brutalité de l’hiver. Mais cette civilisation, marquée par la colonisation russe et la découverte de l’alcool, perd son identité. Dans cet ouvrage réalisé à partir de ses carnets de voyage et de ses photographies, l’auteur fait revivre ce monde méconnu et cette lumière unique : un témoignage émouvant et sensible.

 

TSCHINAG, Galsan (Auteur), VUATHIER, Dominique (Traduction), 2007, Belek, une chasse dans le Haut-Altaï, Ed Philippe Picquier, 159p.

Le vieux Dshakiwek vit seul à l’orée du village, les uns racontent qu’il fut un homme important qui abattit un déserteur, d’autres qu’il ne fut rien de plus qu’un chasseur maladroit. Pourtant c’est lui que choisit notre jeune narrateur pour l’accompagner à la chasse au loup. Surpris par un orage, ils s’abritent dans un ancien campement d’hiver. Il lui dévoile alors l’histoire de ce fils qu’il n’a jamais reconnu par peur du regard des autres, puis de la perte irrémédiable de cet être que pourtant il a aimé au-delà de toutes limites exceptée celle de l’orgueil. Tschinag nous dévoile les bouleversements qu’entraînèrent les repères imposés par le monde communiste à ce peuple simple.

 

VEQUET (auteur), WEINSTEIN, Charles (traducteur), 2008, Peaux de phoques, TanïgIkotlat, Ed Autrement, 138p.

Au moment où le peuple tchouktche risque d'être décimé par la faim, l'alcool et les suicides, certains habitants de la Tchoukotka tentent tant bien que mal de maintenir les traditions. C'est le cas de Veqet, une femme d'une soixantaine d'années, qui crée des œuvres artisanales en peau et fourrure de mammifères marins et écrit, dans la langue de son pays, des récits, des poèmes et des chants. Peaux de phoque est son premier roman et tient d'ailleurs presque autant du document que de la fiction. Cette histoire, dépourvue de tout artifice, retrace la vie d'une famille si pauvre qu'elle ne peut s'offrir des peaux de renne pour dormir. De là vient ce surnom: les litières en peaux de phoque représentent, là-bas, le signe ultime de la misère.

 

WEINSTEIN, Charles, 2000, Arctique extrême. Les Tchouktches du détroit de Béring, Ed. Autrement, 189 p.

Pendant près de cinq ans, de 1993 à 1998, l'auteur a vécu chez les Tchouktches dans la toundra de l'extrême Sibérie baignée par l'océan glacial Arctique, au nord, et l'océan Pacifique, à l'est. Éleveurs de rennes et chasseurs de mammifères, ce sont les gens, leur conception du monde, leur mode de pensée, la façon dont ils s'expriment, leur tradition orale, leur toute jeune littérature qui l'ont séduit et "attaché". Dans le présent "journal de bord", il a noté, de façon dépouillée, directe, et très précise, ses observations et réflexions. Par petites touches, on voit vivre une communauté avec ses mots, ses rites, ses rires et ses deuils. Un rare document ethnographique, personnel et universel.