Sélection bibliographique

HEMMET, Christine, GOUDINEAU, Yves, 2006, Nous avons mangé la forêt... : Georges Condominas au Vietnam, Edition Musée du Quai Branly, 127p.

Sar Luk, 1949. Georges Condominas s'installe dans un village du plateau du Dac Lac, au centre du Vietnam, chez les Mnong Gar, population de montagnards austro-asiatiques. Il a vingt-sept ans. Guidé par la volonté d'une immersion complète, il entend dépasser une certaine ethnographie indochinoise, œuvre de missionnaires ou d'administrateurs, parfois de qualité, mais à laquelle ont manqué les méthodes que réclame une démarche professionnelle et scientifique. Pendant une année, correspondant au déroulement d'un cycle agraire en son entier, il partage l'existence des villageois de Sar Luk et poursuit un travail ethnologique d'une rare intensité.

 
SALEMINK, Oscar, 2001, Diversité culturelle au Viet Nam : enjeux multiples, approches plurielles, Ed UNESCO.

La diversité culturelle du Viet Nam, nation multi-ethnique, est un terrain fertile et stimulant pour la réflexion. La musique, la tradition orale, la protection légale de l’héritage immatériel, les enjeux politiques propres aux groupes multilingues, la culture autochtone en péril ne sont que quelques-uns des sujets traités dans ce volume. Les expériences vécues par les auteurs et les opinions exprimées sont infiniment variées et touchent au cœur de la société vietnamienne, offrant aux lecteurs un riche éventail de perspectives contrastées. Cette étude unique, illustrée avec plus de cent photos en couleur intéressera aussi bien ceux qui sont spécialisés dans l’Asie du sud-est, anthropologues, linguistes ou sociologues, que le grand public.

 

CONDOMINAS, Georges, 2006, L'exotique est quotidien : Sar Luk, Viêtnam Central, Edition Pocket, 663p.

De 1948 à 1950, Georges Condominas a vécu à Sar Luk chez les Mnong Gar, population proto-indochinoise. Pour élucider de l'intérieur cette vie des hommes de la forêt dans les montagnes du Centre-Vietnam, il s'est tout naturellement intégré à un milieu où, d'une certaine manière, il s'est retrouvé. Vivant seul, il parle bientôt couramment la langue des Mnong Gar et effectue toutes ses enquêtes sans interprète ; ce qui lui paraissait encore exotique prend vite la saveur du quotidien, le soumettant au rythme des saisons, le liant à cette population vietnamienne dont il partage les joies et les peines. Le désir de s'intégrer à une culture à l'opposé de celle dans laquelle il fut élevé, l'auteur croit en trouver, au moins en partie, l'origine dans sa nature propre, sa qualité d'Eurasien. " Comment peut-on être métis ? Enfant des quatre vents, qui suis-je ? " Telles sont quelques-unes des questions auxquelles, par-delà une description minutieuse d'une société vietnamienne inconnue, l'ethnologue Georges Condominas essaie de répondre.

 
BASILICO, Sandrine, 2003, Mondialisation et intégration des minorités ethniques au Viet Nam. Le cas des Muong et des Thaï, Ed. l'Harmattan, 192p.

Partout dans le monde, les Etats sont les premiers responsables de l'ethnocide de leurs propres minorités. Cela n'est pas une conséquence de l'hégémonie des puissances industrielles. Il faut en chercher la cause dans celle qu'exercent localement les ethnies dominantes et dans la fragilité des jeunes Etats qui tentent de se construire sur un nationalisme réinventé et volontairement unifié. C'est l'ensemble des modifications sur les cultures Thaï et Muong que cet ouvrage met en exergue.

 
GUERIN, Mathieu, HARDY, Andrew, VAN CHINH, Nguyen, BOON HWEE, Stan-Tan, GOUDINEAU, Yves, 2003, Des montagnards aux minorités ethniques : Quelle intégration nationale pour les habitants des hautes terres du Viêt Nam et du Cambodge ?, Ed. L’Harmattan, 354 p.

Comment peut-on être vietnamien sans être viêt ; être cambodgien sans être khmer ? C'est la question qui se pose aux Jaraï, Brou, Mnong et autres Stieng, populations autochtones des hauts plateaux, à la frontière entre les deux pays. Ces peuples, longtemps indépendants sur les hautes terres de la chaîne Anamitique, doivent aujourd'hui faire face à des mouvements migratoires sans précédent. Les nouveaux venus, colons des plaines, fonctionnaires, forestiers, commerçants, planteurs de café, gagnent peu à peu sur leurs terres, bouleversant fondamentalement leur mode de vie. Contraints à l'intégration, les habitants des hauts plateaux se battent pour éviter une assimilation pure et simple ; pour que leurs cultures ne soient pas sacrifiées sur l'autel du développement national. Ce livre fait émerger les enjeux de leurs revendications et des réponses qui leur sont apportées par les gouvernements du Cambodge et du Viêt Nam

 

MAURICE, Albert-Marie, 1993, Les Mnong des hauts plateaux. Centre Vietnam. Vie matérielle, Ed. L'Harmattan, Coll. Recherches Asiatiques, 45p.

Voici une monographie des Mnong vivant vers 1935 en Indochine, entre le Mékong et la Srépôk. Elle comporte nombre de données inédites. Le milieu physique est brièvement décrit. Un court aperçu historique précède le tableau des établissements humains, avant de détailler les aspects techniques, le cadre de vie et les modes de production de ce peuple austro-asiatique. Le déroulement de leur existence familiale et sociale est ensuite esquissée. Au-delà des traits religieux évoqués à propos de la culture et de la chasse, les notions essentielles de croyances sont étudiées et notées les pratiques de magie rencontrées. Un recueil de légendes et « d’histoire » donne une idée du folklore et le coutumier (recueilli par Perazio) permet d’entrevoir les usages locaux. L’ouvrage présente également des prières recueillies par J. Boucher de Crèvecoeur, une enquête du docteur Prost sur les remèdes utilisés par les guérisseurs.