Personnalités autochtones touarègues (en cours)

L’établissement de ces listes a pour objectif de faire connaître des personnalités autochtones qui sous une forme ou une autre ont fait progresser la reconnaissance au niveau national, intergouvernemental ou international des droits des peuples autochtones. Les personnes peuvent être : des figures éminentes de la lutte pour les droits et la justice, des leaders politiques avisés et reconnus, des négociateurs, des dirigeants d’organisations autochtones, des élus, des artistes, écrivains, poètes, cinéastes, avocats, juristes, universitaires, historiens, enseignants etc


Figures historiques

MOUSSA AG AMASTAN, (1867-23 décembre 1920) est un chef touareg (amenokal) du Hoggar, en Algérie qui est resté à la tête de la confédération des Kel Ahaggar de 1905 à 1920. Il fait partie de la tribu noble des Kel Ghela.Le 7 mai 1902, il engage la bataille de Tit contre les Français. C'est une défaite, il est contraint d'accepter la pénétration française dans le Sahara. Le 19 janvier 1904, il signe un traité de paix à Ain Salah avec le commandant François-Henry Laperrine. Cet accord stipule la reconnaissance par l'amenokal de l'occupation du Sahara par les Français et son engagement à ne pas les attaquer et à œuvrer sous leur autorité. Deux jours plus tard, le capitaine Métois lui remet le burnous rouge et lui confére le titre d'amenokal. Désormais, les Kel Ahaggar seront les alliés de la France dans le Sahara. Sa rencontre avec Charles de Foucauld en 1905 sur la route de Tamanrasset, est le départ d'une longue amitié.

TIN HINAN ou Tamenokalt, matriarche et reine de Ahagga. C'est le nom que des traditions orales donnent à l'ancêtre originelle des Touaregs nobles du Hoggar. Il s'agit d'une femme de légende que l'on connait aujourd'hui à travers la tradition orale touarègue qui la décrit comme « une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint lumineux, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité ». Son nom veut dire en tamachek, « elle qui se déplace » ou « ou celle qui vient de loin »
KAOCEN AG Kedda est un touareg noble des Ikazkazen de l’Aïr. Il fut le chef du soulèvement général des touareg contre la colonisation française, qui éclaté dans l’Aïr entre 1916 et 1918. Kaocen faisait partie de la vague d’exilés qui, dés 1899, à la suite de la défaite touareg d’Egatragz contre l’armée française, partit de l’Aïr en direction de l’Est avec l’idée de structurer une résistance nouvelle à l’extérieur du pays touareg. De longues années lui seront nécessaires pour trouver les moyens logistiques de réaliser son projet en mettant sur pied une armée moderne et équipée et organisée. Après plusieurs combats, il sera finalement tué par les Turcs en janvier 1919.

 

AG ATTAHER MOHAMED ALI, Pendant l'ère coloniale, deux ans après la défaite du dernier grand épisode de la résistance armée touarègue dans l'Aïr, Mohamed Ali ag Ataher Insar, qui deviendra chef des Kel Intesar à la mort de son père en 1926, s'investit dans la scolarisation en français des enfants touaregs, estimant qu'il faut savoir affronter l'adversaire avec ses propres armes . Il va se heurter à la réticence des familles touarègues par rapport à l'école coloniale, aussi bien qu'à l'opposition de l'administration française qui l'empêche de mener à bien son projet de former les enfants touaregs à une éducation moderne de haut niveau. Il se rendra ensuite au Maroc, juste avant la création des Etats du Mali et du Niger en 1960. Soupçonné de diriger la révolte touarègue qui en 1963 éclate dans l'Adrar sous une forme violente, il est extradé par les autorités marocaines et remis au gouvernement malien. Sa détention à Bamako durera de 1963 à 1977. A sa sortie de prison, refusant tout compromis avec l'Etat malien, il retourne à son exil marocain. Mohamed Ali s'est éteint à Témara ( Maroc )en juillet 1994.

FIRHOUN AG ALANESSATE a été l’aménocal des touareg Oulliminden du Mali. Il est entré en dissidence en 1902 contre l’armée française et soumis le 23 janvier 1903.

 

Résistants comptemporains

DAYAK Mano est né en 1949 dans l’Aïr (au Nord d’Agadez), il appartient à la tribu des Ifoghas. Après des études aux Etats Unis et en France, de retour au Niger, il fonde son agence de tourisme Temet Voyages qui devient la plus importante d’Agadez. En tant que leader de la CRA (Coordination de la Résistance Armée), il devient l’un des principaux chefs de la rebellion touareg des années 1990. En décembre 1995, il est tué dans l’accident d’un avion affrété pour une négociation avec le Président nigérian.

AG ASSARID Moussa est né entre 1975 dans un campement nomade entre Tombouctou et Gao. Après des études à Bamako, il suit des études dans les uni-versités d’Angers puis de Montpellier.En mars 2006, il publie l’ouvrage Ya pas d’embouteillage dans le désert dans lequel il narre son arrivée en France et sa vision de la civilisation occidentale en tant que Touareg malien. En 2008, il créé une école nomade touareg et co-écrie l’ouvrage Ya pas que du sable dans le dé-sert. En 2012, il adhère au MNLA (Mouvement National pour la Libération de l’Asawad) dont il devient le porte-parole.


Écrivains, poètes

AG ERLESS Mohamed est né et a grandi a Tessalit dans la région de Kidal, en milieu nomade d'où il tire l'essentiel de sa connaisance dans le domaine des traditions orles. Il a commencé ses recherches en 1983 à l'Institut des sciences humaines de Bamako. Diplomé de l'EHESS à Marseille en anthropologie et sciences sociales il a été directeur de la mission culturelle de Kidal . Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont : Il n’y a qu’un soleil sur terre. Contes, proverbes et devinettes des Touaregs Kel-Adagh, Aix-en-Provence : Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, 1999, et Proverbes et dictons touaregs, ill. Michel Damblant, Brest : éd. Géorama, 2014

AG MAHA Issouf, ancien maire de Tchirozérine (située au nord d’Agadez) et chargé de la communication Cellule Politique du Mouvement Nigérien pour la justice (MNJ) en Europe. Il est l'auteur de 2 ouvrages : 2006, Touareg du XXIe siècle, Ed. Grandvaux, dans lequel il nous décrit la vie de cette génération de Touaregs, « nés vers » le début des années 1960, qui connut les craquements d'une culture malmenée par les bouleversements de l'Histoire : les coups d'État, la scolarisation, la rébellion et, surtout, les terribles sécheresses, et en 2008: Touareg, Le Destin confisqué, Paris, Tchinaghen Éditions, qui nous plonge à travers les péripéties d’un peuple souvent incompris, dans les méandres d’une rébellion touarègue oubliée des medias et de l’opinion internationale. Par cet acte, il tente de comprendre pourquoi les siens se sont vus contraints de prendre les armes pour se faire entendre face à la politique oppressive des pays qui les hébergent.
ALHASSANE AG BAILLE, né en 1946 dans la région de Kidal. De 1972 à 1983, il a été professeur de lettres, d'histoire et de géographie aux CEG de Téra et de Tillabéry, au Niger. En 1984 , il regagne le Mali et travaille pour diverses ONG, dont ACORD à Gao. En 1987, il devient formateur de l'Aide de l’Église Norvégienne à Gossi. Il est mort assassiné à Qossi , région de Tombouctou, ainsi que dix autres Touareg, par une patrouille de l’armée malienne le 17 mai 1992. Il est l'auteur du livre de nouvelles : L'année maigre , nouvelles touarègues.2000, L'Harmattan, AWAL.
SIDI ALAMINE AG DOHO, directeur de l’école fondamentale de Tarkint au nord de la région de Gao, cercle de Bourem, Sidi Alamine Ag Doho est opérateur de saisie à la maison d’édition « La Sahélienne » au début des années 1990. L’instituteur profite de ce court répit dans sa vie pour écrire le récit de ses années d’errance. Le pari est gagné et traduit dans un livre intitulé « Touareg, 1973-1997 : Vingt-cinq ans d’errance et de déchirement » paru en 2010 aux éditions « La Sahélienne » dans la collection « Dune verte ».
HAWAD est un poète et peintre touareg originaire de l’Aïr, né en 1950 au Nord d’Agadez. Il est auteur de romans, pièces de théâtre et d’ouvrage de poésie - mettant en scène des mondes qui se rencontrent, se métamorphosent, se recomposent. Le drame et la résistance du peuple touareg ou de tout peuple menacé d’extermination émaille son univers de fiction. Seule une partie de ses textes (qu’il écrit dans sa langue, la Tamajaght, et notée en Tifinagh, écriture des touareg), a été publié en traduction. Parallèlement à son oeuvre littéraire, Hawad mène un travail pictural qui relève de la même démarche : la
« furigraphie », prolongeant sa philosophie de l’espace et de « l’égarement ». Il a exposé dans différentes villes, sur différents continents.


Responsables d'ONG

ABOUBACRINE Saoudata, Touareg du Mali, présidente de l’association TIN HI-NAN (association pour l’épanouissement des femmes nomades créée en 1974, dont le siège est à Ouagadougou et qui a pour objectif la défense d’un développement durable qui soit compatible avec le mode de vie Touareg) Elle est membre de la direction de l’African Indigenous Women’s Organisation (AIWO) et membre du comité de direction de IPACC (Indigenous Peoples of Africa Coordinating Comity). Elle vit et travaille au Burkina Faso.

ABOUBACRINE Mariam est un médecin touareg du Mali. Elle a obtenu son diplôme à l’école de médecine de l’université de Tizi-Ouzou (Algérie). Elle a obtenu un diplôme en action humanitaire de l’université de Genève centré sur les interventions en situation de crise : conflits armés, marginalisation, exclusion. Elle est membre de TIN HINAN. Elle a participé à plusieurs réunion du mécanisme d’expertise sur les droits des peuples autochtones à Genève et est membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones à New York.

EL ANSARI Intagrist est issu de la tribu touareg « Kel Ansar », il passe son enfance au désert dans la région de Tombouctou, puis part séjourner en France pendant plus de dix ans. Il y poursuit diverses études et travaille ensuite sur le projet « 6 milliards d’autres » puis sur le tournage du film Home au Mali et au Sahara. Revenu en Afrique, il travaille pour la préservation et la diffusion du Patrimoine Culturel Saharien.

TALKALIT Walet Aboubacrine est diplômée d’une maitrise en sociologie et de masters en études de développement et en études de genre. L’auteur a plusieurs années durant travaillé en Afrique sur des projets de développement. Elle est consultante indépendante pour les questions liées à la décentralisation, au développement économique et social et aux politiques de genre.Elle est l’auteur de l’ouvrage : Femme touarègue face aux inégalités du systèmee éducatif moderne. Comment concilier la coutume, les réalités d’un mode de vie pastoral et la scolarisation des filles?
 
ZEINABOU Wallet Aly, membre de ADJMOR, une organisation communautaire touaregue basée a Tombouctou. Elle a eté impliquée dans l'organisation d'expositions d'artisanat touareg ainsi que celui du "Festival sur le Niger".Elle assure également des cours de littérature touareg.
ALBACHIR Aboubacar est né en 1966. Membre de la communauté Touareg du Niger, enseignant de formation. Membre fondateur de l’association TUNFA qui vise à protéger les populations nomades et améliorer leurs situation socio économique (actions de formation, de scolarisation, sur le plan sanitaire). Au sein de TUNFA, il est le responsable du volet « Education et droits de l’homme ». Cette organisation est basée à Agadez.

ALBACHIR Sada est une touarègue du Niger. Infirmière certifiée, présidente de TUNFA. En 1996, elle a travaillé avec Care International comme agent d’appui sur une campagne de vaccination en brousse. En 1998, elle participe à la création de l’Organisation des Femmes Autochtones d’Afrique (OAFA) dont le bureau est au Kenya.

CHEIK SALAH Aïcha est une Touarègue du Niger. Membre de l’association
TIDAWT, créée en 1997 et basée à Agadez, et qui a pour objectif d’impliquer ses membres dans le développement économique, social et culturel.

 

Artistes : musiciens, chanteurs

OUSMANE AG Moussa, leader du groupe de musiciens Tamikrest, (mot en tamasheq pour le nœud, la coalition, l'avenir) est un groupe de musiciens issus du peuple des touaregs. Le groupe a été créé en 2006. Ils mélangent la musique traditionnelle africaine avec le pop et le rock occidental et chantent en langue tamaschek

SIDI AG Issa, compositeur, guitariste et chanteur du groupe Tiwitine (« ma naissance » en touareg) développe un groove tiré de la musique tamasheq (touarègue) à la rythmique puissante, aux mélodies pleines de vie et de couleurs, avec des arpèges tranchants comme une takouba (épée touarègue). Il explore aussi des mélodies et rythmes traditionnels touarègues dont le blues ishumar (blues touareg ou blues du désert) de sa région, l’Adrar des Ifoghas, au nord-est du Mali...

AG ALHABIB Ibrahim, dit « Abraybone » est l'un des membres fondateurs du groupe de blues touareg Tinariwen.Il est né vers 1960 dans l'Adrar des Iforas, Alors qu'il est âgé de quelques années, son père, accusé d'être en contact avec la rébellion touarègue est exécuté à Kidal par l'armée du Mali1,. À la toute fin des années 1980, il part en Libye avec Intayaden dans les camps d'entraînement de Kadhafi . Lors de la rébellion qui éclate en 1990, Ibrahim prend part aux combats jusqu'aux accords de Tamanrasset du 6 janvier 1991. Pendant les événements, il utilise véritablement la guitare comme une arme sous les ordres d'Iyad ag Ghali, chef du MPA : il est soutenu financièrement par le front qui utilise ses chansons pour appeler les jeunes à s'engager dans la lutte. Avec le retour de la paix, il ne se consacre plus qu'à la musique en promouvant ainsi de par le monde la cause touarègue d'une manière selon lui aussi efficace que la kalachnikov. À côté de la musique, il s'engage fortement dans l'aide au développement de sa région natale, l'Adrar des Ifoghas, avec l'association Taghreft Tinariwen, dont il est le président.

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