Personnalités autochtones d'Amérique centrale

L’établissement de ces listes a pour objectif de faire connaître des personnalités autochtones qui sous une forme ou une autre ont fait progresser la reconnaissance au niveau national, intergouvernemental ou international des droits des peuples autochtones. Les personnes peuvent être : des figures éminentes de la lutte pour les droits et la justice, des leaders politiques avisés et reconnus, des négociateurs, des dirigeants d’organisations autochtones, des élus, des artistes, écrivains, poètes, cinéastes, avocats, juristes, universitaires, historiens, enseignants etc


Costa Rica

MORALES JOSE Carlos est issu de la communauté autochtone Brunka (également connu sous le nom Boruca ou Brunca), il est l'un des co-fondateurs de l’ONG Earth Peoples et a participé au MEDPA de 2008 à 2013 comme experts indépendant. Il a été le premier autochtone d'Amérique latine à être président du Conseil mondial des peuples autochtones, ainsi qu’à être Point focal des peuples autochtones au sein de la Décennie des Nations Unies pour les peuples autochtones.

Guatemala

PEREZ Crisanta, maya mam, elle habite la communauté d’Agel, à San Miguel Ixtahuacan. En 2004, contre une somme d’argent dérisoire, elle accepte que la multinationale Goldcorp Inc. installe un poteau électrique sur son terrain pour permettre l’acheminement en énergie de la mine d’or. Elle ne pensait pas qu’il serait si près de sa maison, si imposant et avec autant de câbles. Elle entame un dialogue stérile avec l’entreprise qui refuse de le retirer. En 2007, elle jette un câble sur les fils électriques au-dessus de chez elle, coupant ainsi l’approvisionnement en électricité de l’entreprise qui est obligée d’arrêter ses activités pendant plusieurs semaines. Goldcorp porte plainte. Les femmes d’Agel empêchent les forces de l’ordre de rentrer chez Crisanta. La justice émet un mandat d’arrêt à l’encontre de ces huit femmes, accusées de « terrorisme ». En 2009, la compagnie minière veut étendre ses activités dans la communauté voisine de Saqmuj. Crisanta, dont la famille possède des terres dans cette commune, prend la tête de la lutte. Le 18 mai 2012, un tribunal guatémaltèque ordonne le retrait du poteau électrique de son terrain et annule le mandat d’arrêt contre elle et les sept autres femmes.

HERRERA Ruben est membre fondateur de l’Assemblée Départementale de Huehuetenango et du Conseil des Peuples de l’Occident - CPO, organisation qui plaide pour la reconnaissance des droits individuels et collectifs des peuples autochtones au Guatemala. A partir de 2008, il a accompagné la lutte du peuple Q’anjob’al contre le projet de barrage sur la rivière Cambalam. Cette opposition est née du non respect par l’entreprise espagnol et du gouvernement guatémaltèque des décisions prises lors des consultations communautaires.
LUX DE COTI Otilia est une Maya Quiche. Elle a été activement impliquée dans le mouvement autochtone, à une niveau international : elle est actuellement Directrice Exécutrice du Forum International des Femmes Autochtones (FIMI). Elle a été une représentante au Forum des Femmes Autochtones du Forum Global des Peuples Autochtones. Elle a été membre experte de l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones de 2004 à 2007. Elle a également été active dans la politique nationale guatémaltèque, en tant que membre du Congrès du Guatemala, comme représentante du mouvement politique Winaq (« peuple » en quechua) de 2008 à 2012, et comme Ministre de la Culture et du Sport au Guatemala de 2000 à 2004. Elle a publié « Gobernabilidad, desafíos y pueblos indígenas”, FLACSO (2013), “ La búsqueda de las transformaciones del Estado Guatemalteco. Experiencia Legislativa. Diputada Movimiento Político Winaq “ (2012), “ La participación política de las mujeres indígenas: importantes desafíos “ et “Feminismo, Género e Igualdad, Pensamiento Iberoamericano” (Seconde édition : 2011).

MEJIA Carmen est issue de la communauté maya de San Miguel Ixtahuacán. Elle représente et défend les intérêts des autochtones et travaille pour une organisation de développement connu sous le nom ADISMI (Asociación para el Desarrollo Integral de San Miguel Ixtahuacán), dont le rôle est la protection des intérêt des autochtones, notamment leur droit à l'eau, à la terre, au logement, la liberté d'expression et l'identité culturelle. ADISMI est l’une des principales organisations ayant exigé la visite du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les questions autochtones dans la communauté, afin que celui-ci détermine si les populations locales avaient été adéquatement consultées lors de l'établissement de l’exploitation minière Marlin, une filiale de l’entreprise canadienne Goldcorp. A la suite de cela, Carmen ainsi que d’autres militants ont reçu des menaces de mort. La Commission interaméricaine des droits de l'homme a demandé au gouvernement guatémaltèque de prendre des mesures pour protéger leur vie et leur sécurité, et à faire suspendre les activités de la mine concernée.

RAMIREZ REYES Evelinda est originaire de la communauté Chiquirine de la municipalité de Ocos, San Marcos. Pendant de nombreuses années, elle s’est battue pour la défense de la Terre Mère, contre la pollution et le détournement des rivières et la spoliation des terres. Elle fut présidente du Comité del Frente De Resistencia en Defensa de los Recursos Naturales y Derechos de los Pueblos - FRENA. Elle a été activement impliquée dans la lutte contre la compagnie d’énergie Union Fenosa. Elle a été assassinée le 13 janvier 2010 au retour d’une série de réunions qui avaient pour objectif de dénoncer les tarifs excessifs et les pratiques abusives perpétrées par DEOCSA-Union Fenosa, et de revendiquer une gestion publique de la distribution d’électricité.

MENCHU Rigoberta est née en 1959 dans une famille Quiche. A l’âge adulte, elle rejoint des membres de sa famille dans leur action contre des militaires, concernant leur violation des droits de l’homme. En 1979, elle entre dans l’organisation que fonde son père : le Comité d’Unité Paysanne-CUP. Le 30 janvier 1980, son père et une vingtaine de paysans meurent brûlés dans l’incendie de l’ambassade d’Espagne, provoqué par les forces de l’ordre. La violence la force à l’exil en 1981. En 1991, elle participe à l’élaboration de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones. Elle reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1992 « en reconnaissance de son travail pour la justice sociale et la réconciliation ethno-culturelle basée sur le respect pour le droit des peuples autochtones ».

CALI TZAY Jose Franscisco, maya kaqchikel, a été réélu en 2015 pour un quatrième mandat de quatre ans comme expert, membre du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations Unies (ONU) lors de l'Assemblée générale des Etats parties à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Sa réélection, parrainé par le Guatemala, a été approuvée par un vote de 123 pays.
POP Alvaro est Maya Quiche. Autodidacte, il a obtenu un diplôme en sciences politiques et relations international à l’Université Rafael Landivar. C’est un consultant en développement, droits des peuples autochtones, démocratie et paix. Il a été le chef de la Mission d’Observation Electorale pour les Autochtones au Guatemala en 1999, 2003, 2007 et 2011. Il a également été observateur pour les processus électoraux dans les États américains. Il a collaboré avec différentes ONG, telles que Save the Children Guatemala. Il est membre du projet Primero Aprendo, pour l’éradication du travail des enfants en Amérique Centrale.
PEDRO MATEO María Victoria est maya q’anjob’al originaire de Jolom Konob (Santa Eulalia), territoire q’anjob’al dans le département de Huehuetenango. Elle représente le Gouvernement ancestral plurinational q’anjob’al, chuj, akateko, popti et métis et est membre du Mouvement social de Santa Eulalia. Elle est communicatrice sociale à la radio communautaire Snuq’ Jolom Konob’ de Santa Eulalia, média qui a soutenu la lutte pour la défense du territoire et est victime de censure depuis janvier 2015. Elle est la fille de Daniel Pedro Mateo, défenseur des droits collectifs des peuples et du territoire artiste, enseignant et l’un des fondateurs de la radio Snuq Jolom Konob’, assassiné en avril 2013.

Nicaragua



CUNNINGHAM Myrna
est Miskita. Elle présidé l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones jusqu'en 2012. Après des études d’institutrice, elle étudie la médecine et devient le premier médecin Miskito du Nicaragua. Elle travaille d’abord comme médecin généraliste puis comme chirurgienne, jusqu'en 1979. Après la Révolution sandiniste, elle travaille au ministère de la Santé publique puis devient la première femme gouverneur de la région autonome. Elle aide à négocier certains des accords de paix après le conflit au Nicaragua, préparant le terrain pour la loi sur l'autonomie des peuples autochtones et des communautés ethniques de la côte atlantique de 1987. Elle aide aussi à créer le premier gouvernement régional autonome, et devient adjoint de la Région autonome de la côte de l'Atlantique Nord à l'Assemblée nationale. En 2010, l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM), lui décerne un doctorat honorifique et devient ainsi la première femme autochtone à recevoir un diplôme honorifique de cette université. Elle a également été membre du conseil d'administration du Fonds mondial pour les femmes et a conseillé l'Alliance des femmes autochtones du Mexique et l'Amérique centrale, le Réseau continental des femmes autochtones et le Forum international des femmes autochtones. L'ONG MADRE lui décerne le Woman of Distinction Award en 2012.

RIVERA Brooklin, Miskito de la côte Atlantique du Nicaragua. Après des études à l’Université Nationale de Malagua, participe en 1979 aux négociations entre le Président Daniel Ortega et l’organisation Indienne, dans lequel Ortega accepte de travailler avec le peuple Indien. Une nouvelle organisation nommée MISURASATA voie le jour, dont le but est de renforcer ce nouveau partenariat. Rivera devient le dirigeant de l’organisation, et au printemps 1981, à participe à la Troisième Assemblée Générale du Conseil Mondial des Peuples Autochtones en Australie. Lorsque le gouvernement sandiniste devint hostile à la population indienne, en 1981, Rivera crée un bureau politique au Costa Rica et supervise le mouvement de l’armée de résistance Indienne, et son implication dans le gouvernement autonome régional de la Côte Atlantique, avec YATAMA (l’ancien MISARASATA). Suite à une alliance faite avec le gouvernement sandiniste, Rivera est élu à l’Assemblée Nationale en 2006, en tant que chef du YATAMA. Il est ensuite nommé président de la Commission sur les Affaires Ethniques, les Régions Autonomes et les Communautés Autochtones, poste qu’il continu d’exercer aujourd’hui. Grâce à sa posture au sein de l’Assemblée Nationale et à sa carrure de leader, la démarcation des territoires Indiens sur la Côte Atlantique progresse rapidement.


Panama

HUERTA Hector est Kuna. Avocat de profession, il a été impliqué dans la négociations de lois en faveur des peuples autochtones dans son pays, et a participé aux procès internationaux aux Nations Unies et à l’Organisations des États américains. Il a été membre de la Coordinadora Nacional de Pueblos Indígenas de Panamá. Il est actuellement membre du Centre d’Assistance Juridique Populaire.
ARIAS Marcial, membre de la Fondation pour la promotion de la connaissance autochtone, conseiller politique pour L’International Alliance of the Indigenous Peoples of the Tropical Forest (IAIPTF). Au cours des dernières années, il a assuré la formation de réseaux autochtones en tant que coordonnateur du bassin amazonien (COICA), coordonnateur andin des organisations autochtones (CTOI), Conseil autochtone méso-américain (CIMA), du Réseau de la biodiversité des femmes autochtones (RMIB) et du Réseau continental des femmes autochtones en Amérique du Sud. Il sert également de point focal de plusieurs réseaux de la Coalition mondiale des forêts.

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