Bibliographie amérindiens de Guyane française

Ouvrages

   
AUBERT Michel,1975, Paradis en enfert, la Guyane française, Robert Lafont, 300p.  
CAMARGO Eliane, KULIJAMAN Mataliwa, 2007, Kaptëlo : L'origine du ciel de case et du roseau à flèches chez les Wayana, CTHS, 111p.
Cet ouvrage bilingue wayana-français raconte deux mythes wayana enrichis d'un texte libre de Mataliwa qui explicite les conceptions culturelles et l'usage passé et présent du ciel de case et du roseau à flèches, objets essentiels de la société wayana. Le premier récit sur l'origine du ciel de case est étroitement lié au tukusipan, grande case traditionnelle collective et donc au rituel de passage connu en français sous le nom de maraké. Ce plateau circulaire en bois est décoré de motifs traditionnels peints qui représentent des chenilles et des monstres aquatiques. Leur symbolisme renvoie à des règles de conduite socioculturelles. Ne pas les respecter affecte le corps et provoque des maladies. Le ciel de case est donc partie intégrante du patrimoine immatériel des Apalai et des Wayana, deux sociétés caribes. Le roseau à flèches symbolise quant à lui l'habileté et la force du serpent. Il appartient à la mythologie pan-amazonienne. Cet ouvrage est le premier texte écrit en langue wayana ; il est accompagné d'un lexique et de considérations générales sur la langue et la grammaire. Il représente donc également un outil pédagogique pour la population wayana.

 

CAWAY
(Association), 1988,Culture, artisanat wayana, 25p.

   
CHAPUIS Jean, RIVIÈRE Hervé, 2003,Wayana eitoponpë - (Une) histoire (orale) des Indiens Wayana,Ibis Rouge,1070p.

Cet ouvrage est consacré aux Wayana, groupe Carib localisé principalement sur les berges du Haut Maroni, en Guyane français.La première partie, coordonnée par Jean Chapuis, nous livre un important corpus bilingue retraçant le point de vue de ces Amérindiens sur leur propre passé, depuis la genèse, et ceci principalement à travers la voix d'un vieillard considéré comme le plus savant de son groupe. On assiste de l'intérieur aux importants changements qui ont affectés les sociétés de la région depuis plusieurs siècles pour aboutir aux groupes que nous connaissons actuellement. La seconde partie, fruit des efforts de Hervé Rivière, correspond au Kalau, récitatif ésotérique complexe qui constitue le pivot des cérémonies d'initiation masculines (connues sous le terme de maraké) et représente un des référents identitaires majeurs du groupe.L'ensemble, agrémenté de cartes, de schémas, de dessins et photographies, constitue une excellente introduction à l'univers wayana traditionnel ; sa composition est destinée à le rendre précieux non seulement aux anthropologues et aux historiens, mais également aux linguistes, aux enseignants et aux curieux.

 

CHÉRUBINI, Gérard, 2002, Interculturalité et créolisation en Guyane française, L’Harmattan/Université de la Réunion, 267 p

La dynamique de l'ethnicité est toujours l'un des thèmes centraux de la recherche anthropologique et sociologique en Guyane Française. La société polyethnique guyanaise doit composer avec sa diversité ethnique et culturelle. Les événements qui ont agité le Maroni et la région de Maripasoula, la violence répétée dans les zones d'orpaillage sont un témoignage de l'extrême fragilité des équilibres interethniques en Guyane française. La situation d'interculturalité n'est compréhensible qu'à partir de l'examen des interrelations entre le niveau local et le contexte global, économique, sociologique de l'implantation des groupes et des communautés ethnoculturelles.

 

COGNAT André, 1977 Antecume ou une autre vie, Paris, Éditions Robert Laffont, 337 p.
COGNAT André, 2000, J'ai choisi d'être Indien, L'Harmattan, 250p.

Un de ses amis, journaliste, a écrit au sujet d'André Cognat : " Ce jeune homme de vingt-cinq ans préfère à l'âge atomique l'âge de la pierre. C'est un raisonnement qui lui tient à coeur. " Un tel raisonnement, en tout cas, l'a conduit à quitter la France pour s'installer en Guyane, dans la tribu des Indiens Wayana. Pendant deux ans, il va s'efforcer de vivre exactement comme les Indiens, adoptant toutes leurs coutumes afin de mieux les étudier. Il en a rapporté un livre qui est en même temps une aventure exemplaire et un remarquable document d'ethnologie : sur la vie quotidienne des dernières populations de la forêt, sur leurs fêtes (en particulier le fameux " Maraké "), mais aussi les problèmes que pose leur survie. Car l'auteur n'a jamais considéré les Indiens en explorateur, mais en homme qui cherche à les comprendre et les aimer et qui, par là, est en droit de dénoncer les " agissements inadmissibles " de certains Blancs. Pour réussir dans son entreprise, il fallut à André Cognat, outre son goût de l'aventure qui l'entraîna dans de périlleuses randonnées, patience et courage ; car il fut mis à rude épreuve par ses amis Wayana. C'est ce qu'il raconte ici.

 

COLLOMB, Gérard, TIOUKA, Félix, 2000, Na’na Kali’na, une histoire des Kali’na en Guyane, Ibis Rouge, 148 p.

Installés sur le littoral des Guyanes, les Kali'na (longtemps appelés Galibis par les Français) ont subi directement les effets désastreux de la rencontre avec les Européens ; ce passé profondément douloureux reste gravé dans la mémoire collective des Kali'na de Guyane française et de la rive surinamienne du Maroni. Aujourd'hui ce peuple s'efforce de reprendre sa place en Guyane, et une nouvelle conscience culturelle et politique vient désormais soutenir l'entrée des individus, des familles et des communautés dans un monde qu'ils contribuent à édifier. Prenant appui sur le travail de l'historien ou de l'anthropologue et sur la mémoire des anciens, ce livre dessine de premiers repères pour une histoire du peuple kali'na en Guyane, et voudrait contribuer à rendre à la culture kali'na une place que l'histoire lui a volée.

 

COLLOMB Gérard, JOLIVET Marie-José, 2008, Histoires, identités et logiques ethniques Amérindiens, Créoles et Noirs Marrons en Guyane, CTHES, 219p.

L'identité collective à laquelle a longtemps renvoyé la qua lification de «Guyanais» s'est formée au cours de l'histoire moderne de la Guyane à partir de la double polarité de la créolisation et de l'appartenance à la nation française. Elle semble aujourd'hui remise en question par les transformations démographiques, économiques et culturelles que la région a connues au cours de ces dernières décennies. Le processus de créolisation n'est plus à même d'absorber les nouvelles populations, nombreuses et très diverses, désormais présentes sur le sol guyanais, et l'appartenance à la France ne suffit plus à fonder un imaginaire commun donnant unité et sens à ce territoire que l'histoire de la colonisation a séparé du Brésil et du Surinam. Pour tenter d'éclairer ce nouvel environnement, les textes rassemblés dans l'ouvrage s'interrogent sur la manière dont se sont construits les rapports entre les différents groupes installés sur le fleuve Maroni, limite entre la Guyane et le Surinam mais surtout espace transfrontalier Dans cette petite région, Amérindiens, Noirs Marrons et Créoles se sont rencontrés et ont cohabité. Les uns et les autres sont amenés aujourd'hui à reconstruire les rapports mutuels qu'ils avaient établis anciennement et à nouer de nouvelles (dations avec les derniers arrivés, illustrant de manière éclairante la dimension multiculturelle de la Guyane et la complexité de son histoire.

 

de la MOUSSE Jean, 2006, Les indiens de la Sinnamary : Journal du père Jean de la Mousse en Guyane (1684-1691), Chandeigne, 317p.

Le père jésuite Jean de la Mousse arrive à Cayenne en 1684 comme missionnaire, quelques décennies après l'installation définitive des Français en Guyane. Pendant une dizaine d'années, il parcourt les villages sur la côte pour entreprendre l'évangélisation des " Sauvages ", dont il apprend la langue. Chargé de la conversion des esclaves africains de l'île de Cayenne, il est le témoin de la naissance d'une colonie qui prend forme sous ses yeux. Avec lui s'ouvre véritablement en Guyane l'entreprise missionnaire jésuite auprès des Noirs et surtout auprès des Indigènes, qui se développera quelques années après sa mort avec la création des missions de Kourou et de Sinnamary. Son Journal, qui relate également le voyage qu'il effectue aux Antilles et aux îles du Cap-Vert, est aussi un regard inédit sur l'histoire de la traite des esclaves, objet d'une concurrence entre les puissances coloniales européennes. Bien différent des textes calibrés et convenus des Lettres édifiantes et curieuses qui accueilleront au XVIIIe siècle les écrits d'autres pères de Guyane, le récit de Jean de la Mousse, dont nous proposons ici la première édition, est un témoignage qui fait droit à l'émotion et à une soif de connaître véritablement moderne, dessinant l'image d'un humaniste qui excuse plus qu'il ne condamne, et qui s'efforce de comprendre plus qu'il ne juge.

 

DIDON Max, 2012, Histoire religieuse de la Guyane française au XIXeme siècle 1817-1911, L'Harmattan, 302p.

Cet ouvrage permet de comprendre comment les Guyanais sont devenus catholiques au XIXe siècle et quels sont les enjeux économiques, politiques… d'un encadrement religieux renforcé de la population. Par le prisme de la religion, il participe également à la compréhension de la formation de l'identité guyanaise dans ses aspects les plus divers, religieux bien sûr mais aussi sociétaux.

 

FORTINO, Mauricienne, LAUNEY, Nicole, 2007, Les neuf chamanes et le maitre de la pluie : Récits palikur de Guyane, Ed. L'Harmattan, Coll. La Légende des Mondes.

Vous découvrirez dans ces récits inédits des créatures étranges et mystérieuses ainsi que la vie de certains chamanes qui communiquent avec elles. Vous apprendrez que la " Rivière sans os " est le lieu mythique le plus important pour ce peuple, à l'endroit de l'Amazone où toutes les eaux se rejoignent, la fameuse rivière sans os [...] où le léger plonge et le lourd, flotte [...] à l'endroit où toutes les eaux se rejoignent, les eaux douces et les eaux salées, il y a beaucoup de courant double et au milieu, il y a un grand tourbillon qui aspire tout ce qui a le malheur de se trouver sur ces eaux sans os. [ ...] Toutes sortes de mangeurs d'hommes et aussi les animaux que nous pensons disparus depuis des années, qui sont appelés " axtig ", sont dans la rivière sans os, enfermés par des chamanes très puissants. Des récits pour voyager très loin et aborder l'imaginaire foisonnant du peuple palikur.

 

GODON Elisabeth, 2008, Les enfants du fleuve : Les écoles du fleuve en Guyane française : le parcours d'une psy, L'Harmattan, 332p.

Tous les enfants de la République française ont droit à la santé et à l'éducation. Les adultes qui en ont la charge ont le devoir d'y veiller, chacun à sa place. Faute de quoi, ils sont hors-la-loi. Il est une fois, en France, aujourd'hui, un département où plusieurs milliers d'enfants sont privés de l'accès à ce droit. Ils vivent et sont scolarisés sur la rive française du fleuve Maroni, frontière naturelle entre le Surinam et la Guyane. Comme dans toutes les écoles de France, une psychologue scolaire intervient afin d'aider les élèves en difficulté. Mais ici, pour plus de la moitié d'entre eux, aucune solution ne pourra être mise en œuvre, l'origine des troubles scolaires s'avérant être un problème médical ou social. L'école fait son travail d'école, et bien davantage. Si elle représente pour ces enfants la seule chance de voir un jour prise en compte leur souffrance, elle ne peut se substituer aux spécialistes de la santé ou de la loi. Cet ouvrage relate la vie nomade et rustique d'une psychologue partant jour après jour en pirogue sur un fleuve ponctué de rapides, à la rencontre de ces enfants démunis que les lois font semblant de protéger.

 

GRENAND Françoise, 2009, Encyclopédies palikur, wayana et wayapi, Fascicule O, langue, milieu et histoire. Édition du CTHS. 118p.

Aussi incongru que cela puisse paraître, il n'existe pas d'ouvrage fédérant d'une part le savoir et les savoir-faire des populations amérindiennes de Guyane, d'autre part ce que l'histoire, les sciences humaines et les sciences de la vie savent d'elles dans leur environnement culturel ou naturel. C'est cette lacune que tente aujourd'hui de combler la collection Encyclopédie des cultures de Guyane. Articulant travail linguistique avec prise en compte de la dimension historique et de la réalité sociale, y compris dans sa construction contemporaine, elle se focalise sur trois peuples amérindiens, les Palikur, les Wayana et les Wayâpi. Elle est constituée de fascicules thématiques autonomes, paraissant au fur et à mesure de leur achèvement et finissant par couvrir tous les domaines du savoir.

 

 

GRENAND, Pierre et GRENAND Françoise, 1990, Les amérindiens, des peuples pour la Guyane de demain, ORSTOM
GRENAND Françoise, Dictionnaire wayapi-français.
GRENAND, Françoise et Pierre, BAHUCHET, Serge, DE MARET Pierre, 2001, Des Forêts et des Hommes, programme de recherche « Avenir des Peuples de la Forêt Tropicale » (APFT), Université Libre de Belgique (ULB), 180 p.

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HURAULT, Jean-Marcel et GRENAND, Françoise et Pierre, 1998, Indiens de Guyane, Wayana et Wayampi de la forêt, Autrement, 198 p.

"Jean-Marcel Hurault est un pionnier de la redécouverte ethnologique de la Guyane. Ses livres continuent de témoigner pour une époque, pas si lointaine, où l'on s'est avisé que les cultures oubliées pendant des décennies étaient toujours en place. Il est allé à leur rencontre, il les a photographiées et décrites. De cette ethnologie guyanaise, Pierre et Françoise Grenand sont aujourd'hui les maîtres. Depuis trente ans, leurs livres, leurs articles ont immensément accru nos connaissances dans plusieurs domaines: langues parlées, relations des Indiens avec le milieu, techniques du corps, artisanat, organisation sociale, croyances, philosophie naturelle. Cet album a, par les images, une telle puissance évocatrice, il apporte par les textes des informations si riches qu'il mérite de prendre rang dans la littérature comme un petit "trésor" de l'ethnologie guyanaise. Mais je lui trouve aussi une portée plus vaste. C'est, à mes yeux, un des meilleurs exemples dont on dispose pour faire comprendre de façon concise à ceux qui voudraient s'en instruire ce qu'est par excellence une enquête ethnographique" (Claude Lévi-Strauss).

 

HURAULT Jean Marcel,
1972, Francais et indiens en guyane, 10 18
1968: Les Indiens Wayana de la Guyane française: structure sociale et coutume familiale, IRD, 152p

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LESCURE Odile, GOURY Laurence, 2009, Langues de Guyane, Vents d'ailleurs,192p.

En Guyane, département français d’Amérique, une trentaine de langues se côtoient. Parmi elles, plus d’une dizaine sont des « langues de France » : langues amérindiennes, créoles et même une langue asiatique. Qui les parle ? Où vivent leurs locuteurs ? Quelles sont leurs histoires ? Leurs structures linguistiques les plus frappantes ?Des spécialistes tentent de répondre simplement à ces questions à l’aide de repères et d’outils particulièrement clairs. Organisé comme un parcours de découverte, cet ouvrage montre les singularités de ces langues et, à l’aide de nombreuses photos et cartes inédites, leurs espaces communs.

 

 

LEZY, Emmanuel, 2004, La Guyane, une île en Amazonie, Cahiers des Amériques Latines, n° 43, 192 p.

LEZY, Emmanuel, 2008, Guyane, Guyanes. Une géographie “sauvage” de l'Orénoque à l'Amazone, Ed Belin, Coll. Mappemonde, 352p.

En tentant de s'approprier les principes décrits par Lévi-Strauss comme ceux de la pensée sauvage, et en particulier le recours... à des outils et des notions appartenant à des univers logiques différents, ce livre tente de faire le tour de l'île continentale la plus vaste et sans doute la plus surprenante du monde. Entre l'Orénoque et l'Amazone, étrangement reliés par le Rio Negro et le canal du Cassiquiare, se déploie un espace dont l'insularité n'apparaît que sur les cartes et dont l'unité, au-delà de la division politique en cinq entités distinctes, tient surtout du fantasme ou de l'imaginaire. Comprenant la seule partie de l'Amérique du Sud non-latine, mais enjambant la ligne de partage des eaux qui sépare colonies catholiques et protestantes, la Guyane forme un château d'eau dont le centre, encore mal connu, reste le refuge d'improbables El Dorado. Pas plus que le cartographe ne peut éviter de compléter le cercle horizontal des convergences hydrographiques par celui temporel et vertical de l'évaporation et des précipitations équatoriales, cette "géographie sauvage" ne peut s'empêcher de mêler à la description positive la plus classique des milieux, des populations et des activités, l'exploitation troublante des structures lourdes et de l'imaginaire guyanais. Il trace, ce faisant, un anneau unilatère et continu dont la forme même nous est familière.

 

MAM-LAM-FOUCK, Serge, 1997, L’identité guyanaise en question. Les dynamiques interculturelles en Guyane française, Ibis Rouge, 115 p.


Les dynamiques interculturelles en Guyane Française. Au cours des trente dernières années (1960-1990), la société guyanaise a subi de tels bouleversements démographiques que "l'ancienne population" semble avoir perdu certains de ses repères identitaires. L'ancienne donne communautaire qui se jouait entre une majorité de Créoles, des communautés autochtones (les Amérindiens), des Businenge, des Métropolitains et des groupes de nationalité étrangère peu nombreux, a été remise en question par une très forte croissance démographique, concomitante à une imposante immigration, caractérisée par sa grande diversité culturelle (la population a augmenté de 158 % en 23 ans, de 1967 à 1990). Le présent ouvrage, à travers un certain nombre de données socio-économiques, livre les questionnements des chercheurs et l'orientation des décideurs en matière de politique interculturelle. Il s'agit ici de la première approche globale de la question des relations interculturelles en Guyane.

 

MAM-LAM-FOUK Serge, 2006, L'histoire de la Guyane depuis les civilisations amérindiennes, Ibis Rouge, 640p.

On trouvera ici les textes des communications du colloque organisé par l'Association des professeurs d'histoire et de géographie de la Guyane (aphgg), en novembre 2005 à Cayenne. En puisant dans leur champ de recherche, les chercheurs invités ont fourni un certain nombre de clés pour comprendre les parcours qui ont fait la Guyane. L'ouvrage offre des informations variées touchant à la biographie d'hommes politiques, d'administrateurs, de colons, de religieux ou d'aventuriers, mais également à des études concernant l'histoire de la conquête, du peuplement et de l'exploitation du pays. L'histoire culturelle y occupe une place importante. Ainsi sont présentés le mode de vie des colons des xviie et xviiie siècles, les pratiques religieuses et sociales de la mère Anne-Marie Javouhey, l'étude de la représentation coloniale des travailleurs « noirs » et l'analyse du discours de l'assimilation tenu par les « hommes de couleur » avant la départementalisation de 1946. La première partie de cet imposant ouvrage est réservée à la présentation de questions d'histoire amérindiennes et « noires marrones » notamment par le moyen des recherches archéologiques et anthropologiques.

 

MAM-LAM-FOUK Serge, 2012, La question du patrimoine en Guyane, Ibis rouge.

« L’une des ambitions majeures de l’ouvrage est d’éclairer les acteurs sociaux sur la complexité des processus de patrimonialisation et sur le repérage des enjeux qui les sous-tendent, particulièrement dans le contexte d’une société plurielle.» « Il s’agit d’une étude de la manière dont les Guyanais, dans la diversité culturelle qui caractérise le pays, s’emparent d’un certain nombre d’objets pour en faire des éléments du patrimoine naturel (les espaces naturels), matériel (l’architecture, le mobilier, les costumes, des objets de la vie quotidienne…) et immatériel (musiques et danses, littératures orales et écrites, pratiques festives comme le carnaval, pratiques langagières, invention de héros…). C’est le processus que l’on désigne sous le terme de patrimonialisation. En Guyane, les Amérindiens, les Créoles, les Bushinenge, mais également les Hmong, les Saint-Luciens…., sous le contrôle des lois de la République française, ont engagé des processus de patrimonialisation, dont il est utile de saisir le sens et les enjeux politiques et culturels.»

 

MANGAL Daniel, 2010, La Guyane pour un développement durable amazonien, Ibis Rouge,300p.

La Guyane, qui est le plus vaste département français, possède l’unique forêt tropicale de l’espace européen. En raison de ses particularités historiques, sociales et de sa position géographique, une problématique récurrente se pose : l’aménagement et la valorisation du territoire. L’Administration française prône une préservation totale de ce dernier espace forestier, resté intact grâce à de multiples mesures de protection. Les Guyanais, quant à eux, revendiquent le désenclavement de leur département, l’exploitation et la réglementation des ressources naturelles (tels que le pétrole et l’or) afin d’accéder à un certain développement économique. L’histoire politique et sociale de la Guyane, ses ressources naturelles insoupçonnées, sa faune, ses populations et leurs cultures sont autant de thèmes que l’auteur aborde dans cet ouvrage très bien documenté afin de démontrer l’urgente nécessité d’une nouvelle vision du développement guyanais.

 

MAUREL T'iwan:

1993: Ce n'est pas Dieu qui a crée les wayana
1993: Le tapir et les sirènes
1994: Contes des indiens Emérillon

 

 

 

NIMUENDAJU Curt, 2008, Les indiens palikur et leurs voisins- encyclopédie palikur n° 1. Editeur : Comité des Travaux Historiques et Scientifiques – Cths Collection : La Librairie Des Cultures.

Les Palikur (Parikwene) constituent l'une des rares populations indigènes encore en place ayant eu contact avec les Européens dans les basses terres d'Amérique tropicale dès le début du XVIe siècle. Lorsque Nimuendaju étudie les Palikur en 1925, ils constituent une petite société indigène repliée sur elle-même et dont le genre de vie reste très représentatif de l'état de culture du XIXe siècle. La traduction est complétée par une Mise en perspective de Pierre Grenand, présentant Curt Nimuendaju, son oeuvre, l'importance de l'ouvrage, ainsi que l'évolution culturelle des Palikur jusqu'en 1925. A aussi été inclus un Avertissement au lecteur qui aborde la genèse de la traduction ainsi que divers éléments d'édition et de présentation. La traduction est accompagnée de notes couvrant des champs divers : l'ethnographie, l'archéologie, l'histoire, la géographie et la nature. Tous les mots palikur contenus dans les notes sont ceux recueillis par l'équipe de rédaction de 1978 à aujourd’hui.

 

PANTONI Frédéric, 2009, L'enjeu migratoire en Guyane françaiseIbis Rouge,448p.

Dans l’ensemble sud-américain, comme dans celui de l’outre-mer français, la Guyane française se définit comme une périphérie singulière. Sous-peuplée, elle se caractérise aussi par la permanence d’un lien exclusif et monovalent avec le centre tutélaire métropolitain. Dès lors, l’articulation entre pouvoirs, mobilités et espaces – déclinée à plusieurs échelles dans l’espace et dans le temps forme un cadre analytique intégrateur. Il permet de saisir les recompositions territoriales actuelles, caractérisées par une structure cloisonnée de l’espace guyanais et révélatrices d’un espace approprié mais non intégré. Ainsi, le bassin fluvial transfrontalier du Maroni s’est constitué comme un territoire spécifique fondé sur les logiques communautaires des groupes de marrons, résistant à l’appropriation nationale portée par l’idéologie assimilationniste. La mobilité est un facteur structurant l’espace et induit l’émergence d’un pouvoir local institutionnalisé. A l’échelle régionale, la structure tricéphale de l’espace guyanais polarisée sur le littoral évoque un processus similaire, mais fondé sur la légitimation du pouvoir national. Pourtant, la notion de crise des territoires prévaut à la qualification de cette région monodépartementale. A partir du milieu des années 1990, elle renvoie à une crise structurelle globale, révélée par la fonction miroir que constituent les migrations spontanées brésilienne, haïtienne et surinamaise. Le lien exclusif est remis en cause localement, puis entériné par la loi d’orientation (décembre 2000) et l’intégration à l’Union européenne. Cependant, alors que la Guyane devient le support d’une économie mondialisée, elle reste, paradoxalement, en marge des jeux de pouvoirs supranationaux au sein de l’espace sud-américain.

 

 

PELLET Eric, SAINT-JEAN Daniel, Au coeur des Tumuc Humac, Ibis rouge.

 

 

PETOT Jean, 1994, Histoire contemporaine de l'or de Guyane( de 1947 à nos jours), L'Harmattan,255p.

Histoire contemporaine de l'or de Guyane (de 1947 à nos jours) constitue la suite de L'or de Guyane, son histoire et ses hommes. Ce fut à partir de 1947 que des mineurs guyanais d'un nouveau style transformèrent un orpaillage désuet en méthodes modernes d'exploitation aurifère. Surmontant le scepticisme, l'ironie, parfois même l'hostilité ou la calomnie, ces Guyanais d'origine ou d'adoption ne manquèrent pas d'énergie, d'efficacité, d'astuce, tout en conservant cette fantaisie qui métamorphose les moments les plus durs en souvenirs chaleureux. Sans le savoir, ils écrivirent une nouvelle page de gloire dans l'histoire de la Guyane. Ce livre cherche à témoigner de leurs succès ou de leurs déceptions et à leur rendre justice. Les descriptions des techniques modernes utilisées ne peuvent rebuter le non-initié : des anecdotes véridiques sont plus explicites q'un développement technologique hermétique valorisent davantage l'activité quotidienne du mineur de Guyane. Le chercheur d'Or novice, avide de découvertes, s'évitera aussi les erreurs de ses Anciens.

 

ROY Joël, 2012,Un témoin en Guyane, observations, interrogations et réflexions autour d'une société multiculturelle, L'Harmattan, 130p.

La Guyane est une région française d'outre-mer, mais ouverte spécifiquement sur le continent sud-américain. En s'appuyant sur des anecdotes, des témoignages de citoyens, l'auteur répond aussi à beaucoup de questions : comment utiliser le potentiel économique et culturel de la proximité de cette région française ? Quel projet pour la Guyane ?

 

SILBERSTEIN, Jil, 2002, Kali’na, une famille indienne de Guyane française, Terre Indienne, Albin Michel, 489 p.

Jadis dénommés Caraïbes ou Galibis , les Kali'na comptent parmi les six nations amérindiennes qui vivent sur le sol français. Ces Indiens de France sont-ils à part entière des citoyens de la République ? Depuis le XVIIe siècle, date de leur première rencontre avec les Français, ils ont vécu une histoire tissée de violences, de préjugés, de discriminations et de malentendus qui perdurent encore aujourd'hui. Leur univers et leur culture demeurent méconnus. Jil Silberstein, l'auteur de Innu, nous ouvre l'intimité d'une famille kali'na d'aujourd'hui, les Thérèse. Emblématiques du conflit permanent qui oppose tradition et modernité, les voix de ces hommes et femmes nous révèlent le portrait pudique d'une culture - celle du bassin amazonien -, ses traditions et cérémonies, ses valeurs et sa conception de l'existence. Ces voix disent aussi les souffrances, les difficultés, mais surtout une fierté retrouvée, un combat pour la reconnaissance des droits ancestraux d'un peuple sur sa propre terre.

 

SURVIVAL International France,

1985, La question amérindienne en Guyane française, Ethnies, vol 1, n°1-2, 63 p. Survival International France,
2005, Guyane : le renouveau amérindien, Ethnies, vol 31-32, 162 p.

Vingt ans se sont écoulés depuis la première prise de parole publique des Amérindiens de Guyane française annonçant leur entrée dans l’espace politique régional et national. Aujourd’hui, la France, mais aussi la Guyane comme entité en devenir, éprouve toujours les mêmes difficultés à répondre aux défis de la renaissance des identités amérindiennes sur son sol. Mais il est certain que la question que soulèvent les Amérindiens ne doit plus être interprétée comme une attitude factionnaliste ou communautariste, à laquelle certains voudraient encore la réduire. L’ensemble des textes rassemblés dans ce numéro montre au contraire que la revendication amérindienne est plutôt une autre manière de poser aujourd’hui la question, centrale, des rapports entre les différentes cultures et entre les groupes au sein d’un espace social et politique guyanais en profonde recomposition. En cela elle est aussi, nous semble-t-il, porteuse d’espoir, pour les peuples autochtones et pour la Guyane.

 
DE TRICORNOT Marie-Chantal, 2007, L'art céramique des Kali'na, Vents d'ailleurs, 156p.

Par des manières de faire, des formes, des couleurs, un dessin et des symboles, l'art céramique des Amérindiens kali'na de Guyane est un art de tradition amazonienne. Mais cet art kali'na est aussi un art lié à la colonisation, caractérisé par une production pour l'autre, par le métissage et par une création originale. Aujourd'hui, c'est un art qui connaît un essor, entre modernité et tradition. Ce premier ouvrage consacré à l'art céramique kali'na est né d'un travail de terrain avec les potières et de l'étude des collections des musées, notamment des musées parisiens. Il révèle à la fois à un large public un art méconnu et fait connaître aux Kali'na les œuvres de leur art céramique conservées ailleurs depuis deux siècles.

 
Articles

COLLOMB, Gérard,
1997, « La question amérindienne en Guyane. Formation d’un espace politique », Anthropologie du politique, Armand Colin, pp 41-66.
1999, « Entre ethnicité et national : À propos de la Guyane », Socio-Anthropologie, n°6, Passages.
2001, « De l’indien à l’indigène. L’internationalisation des luttes amérindiennes en Guyane et les enjeux de l’autochtonie », Recherches Amérindiennes au Québec, vol XXXI, n°3, pp 37-47.
2001, «’’Chassez le métissage…’’, notes à partir de la Guyane », les Paradoxes du métissages, actes du 123e congrès national des Sociétés historiques et scientifiques, CTHS.

BELLIER, Irène et COLLOMB, Gérard, 2001, «’’Nous sommes là pour parler d’égal à égal…’’, entretien avec Alexis Tiouka, coordinateur délégué de la FOAG de décembre 1996 à avril 2001 », Recherches Amérindiennes au Québec, vol XXXI, n°3, pp 19-23.
CHALIFOUX, Jean-Jacques, 1992, «Ethnicité, pouvoir et développement politique chez les Galibis de la Guyane française », Anthropologie et sociétés, 16/3, pp 37-54.
CHARLES Jean-Aubéric - 2005 : « Le village amérindien de Kourou doit-il disparaître ? », in Ethnies, n°31-32, pp. 38-43.
CHARLET Laurent et BOUDOU Alain - 2005 : « Cet or qui file un mauvais mercure », in Ethnie, n° 32-33, pp.72-81.

DREYFUS, Simone,
1981, « Le peuple de la rivière du milieu. Esquisse pour l'étude de l'espace social palikur », in Orients. Pour Georges Condominas, Sudestasie/Privat, pp. 301-313.
1985 : « Les Palikur », in Ethnies, n°1-2 (nouvelle parution), pp. 21-22.
1992, « Les réseaux politiques en Guyane occidentale et leurs transformations aux XVIIe et XVIIIe siècles », l’Homme, n°122-124, pp 75-98.

GRENAND Pierre et Françoise,
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