AFRIQUE DU NORD ET DE L'OUEST
TOUAREG


Extrait du DVD :
des peuples autochtones francophones en mouvement



« Ilawlawen, mon âme

Faucon, je plane dans les airs
Mon âme s’épanouit comme une tourterelle à tresses
Chacun a la mesure de l’état de son ombre. »

Auteur inconnu, Ilawlawen, Aïr

Cliquez pour agrandir

 

Les Touareg, qui se nomment eux-mêmes Kel Taggemoust (ceux qui portent le voile), Kel Tamatcheq (ceux qui parlent le Tamacheq) ou encore Imageren (hommes libres), constituent une branche très individualisée au sein du peuple amazigh. Leur zone de peuplement traditionnel s’étend sur près de 2,5 millions de km2 dans les zones désertiques ou semi désertiques du Sahara central et des bordures de la région sahélienne.

Les frontières politiques actuelles partagent leur territoire entre 5 Etats : l’Algérie, la Libye, le Burkina-Faso, le Mali et le Niger. Leur nombre varie, selon les estimations, de 1 à 3 millions d’individus dont la majorité (environ 85%) se situe au Mali (représentant 10% de la population) et au Niger (20% de la population).

La base de l’économie touarègue est fondée sur le nomadisme pastoral. Etroitement lié aux conditions climatiques, l’élevage rythme la vie par l’alternance de la saison sèche et des pluies, par un mouvement nord-sud-nord, à la recherche de pâturages et de points d’eaux. L’élevage extensif était souvent complété par une importante horticulture confiée aux communautés d’affranchis et d’esclaves et par le trafic caravanier (trafic de sel en particulier). Cet équilibre économique est actuellement remis en cause par les mutations récentes, comme la modernisation des moyens de transport. Le développement du tourisme saharien, malgré les risques de folklorisation, représente cependant une reconversion économique salutaire.

Dans cette société nomade, les femmes ont moins d’enfants que chez les sédentaires et la monogamie est de règle, même si les remariages sont fréquents. Elles jouissent traditionnellement d’un statut inégalé dans le reste du monde musulman, la filiation, la transmission des biens indivis et des droits se traçant en ligne matrilinéaire. Les femmes sont gardiennes de la culture et des traditions, ce sont elles qui transmettent les savoirs aux générations futures. Cependant les déséquilibres dus à la colonisation ont remis en cause cette situation traditionnelle de la femme touarègue.

Source : DVD ROM " des peuples autochtones francophones en mouvement".