Bibliographie
DE LAS CASAS, Bartolomé, 2008, Très brève relation de la destruction des Indes, Ed La Découverte. Soixante ans après le premier voyage de Christophe Colomb, Bartolomé de Las Casas, religieux dominicain, rédige à l'usage du souverain espagnol un réquisitoire contre la colonisation dans les premiers territoires conquis d'Amérique : Cuba, Hispaniola (Saint-Domingue), les Antilles, le Mexique, la Nouvelle Grenade... Il dénonce les atrocités, la cupidité et le cynisme des conquérants, la nocivité du système d'exploitation, du partage des terres et des hommes en encomiendas. Bartolomé de Las Casas ne sera pas écouté, et la « destruction des Indes » s'achèvera par la quasi-extermination des Indiens, avec pour conséquence l'importation d'esclaves d'Afrique. Las Casas reste dans l'histoire de l'Amérique comme le premier défenseur des Indiens opprimés. Et son oeuvre demeure un document unique, une source de première main, un réquisitoire parfois insoutenable. |
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GALEANO, Eduardo, 2001, Les veines ouvertes de l'Amérique latine, Ed Plon, 458p. Voici l'histoire implacable du pillage d'un continent. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, la honte du mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d'un des espaces les plus prometteurs de l'univers. On ne s'étonnera pas que les multinationales, monstres hybrides des temps modernes, opèrent avec cohésion en cet ensemble d'îles solitaires qu'est l'Amérique latine. Chaque pays plie sous le poids conjugué de ses divisions sociales, de l'échec politico-économique et une plus profonde misère. Des forces nouvelles se lèvent. Phénomène de grande conséquence, l'Église, longtemps oppressive, reprend la tradition évangélique des premiers âges et devient porteuse d'espérance : elle est résolument aux côtés des pauvres et des persécutés. Cet ouvrage essentiel sur l'exploitation de l'homme par l'homme est à l'échelle d'un continent. Ce livre, un grand classique, est lu et commenté dans les universités nord-américaines ; il dénonce le talon d'Achille des États-Unis : l'Amérique centrale et du Sud. |
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GAUDICHAUD, Franck (sous la direction de), 2008, Le Volcan latino-américain. Gauche, mouvement sociaux et néolibéralisme en Amérique Latine, Ed Textuel, 449p. Vingt auteurs de dix nationalités différentes passent au crible le « Volcan latino » en Bolivie, au Chili, en Colombie, en Equateur, au Mexique, au Venezuela… Universitaires ou intellectuels critiques, issus de différents champs scientifiques et courants de pensée, ils sont européens, américains du Nord ou bien latino-américains.
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GROS,Christian, 1997, Pour une sociologie des populations indiennes et paysannes de l'Amérique latine, Ed l'Harmattan, 299p. Deux Amérique latine s'opposeraient : l'une éprise de modernité, ouverte au marché, instruite et urbanisée : l'autre indienne et paysanne, arc-boutée sur la communauté et ses traditions, opposée aux changements et réfractaire à l'universalité des droits de l'homme. Cette vision, héritée du passé, est aujourd'hui tout à fait fausse. Traversé de tensions et porteur de projets, le monde des campagnes s'efforce de répondre aux grandes questions qui nous attendent à l'heure de la globalisation et de la remise en cause des Etats-Nations. Face au défi alimentaire, à l'épuisement des terres et à la destruction des forêts, on y recherche un développement durable. Contre la corruption, on y expérimente des formules originales de démocratie préservant la diversité culturelle et ethnique. Cet ouvrage propose une sociologie des populations indiennes et paysannes d'Amérique latine ; plus largement, il invite à une réflexion approfondie sur les grands enjeux du monde contemporain. |
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HERBERT Jean -Loup,1972, Indianité et lutte des classes, 10-18, 315p. Les Indiens, les autres, de leur côté... Les-Blancs, capitalistes ou socialistes de cabinet, du leur... Chacun suivait son chemin. La théorie ignorait qu'ils puissent se rencontrer. Ils étaient soit exotiques ou enfermés dans les mécanismes de l'ethnologie, soit propriétaires esclaves, patrons, ouvriers, enserrés dans la "civilisation". Ils pouvaient changer de camp, mais de façon brutale, la rupture. Indianité et lutte des classes brise cette opposition, et fait se rencontrer dans l'espace concret des actes, d'une part, le temps long, l'indien, et de l'autre, le temps court et lourd du colonialisme ou du capitalisme à la blanche et des luttes des classes. Cette rencontre n'est pas celle d'une vue de l'esprit affirmant le temps hiérarchisé d'une humanité unique, mais le tableau décrit pas à pas, du comportement des masses indiennes, plus précisément guatémaltèques. De ce tableau se dégage peu à peu une signification, une conclusion : l'Occident, dans sa prétention à modeler le visage des autres, est mort, il se meurt. Nos contradictions, plaquées sur le visage indien, ne généreront pas un paradis socialiste, mais bien plutôt une indianité nouvelle, future. |
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LABROUSSE, Alain, 1984, Le réveil indien en Amérique andine, Ed Favre, 218p. L'Amérique andine nous est connue plus par ses gouvernements, ses écrivains, ses catastrophes que par la vie et les luttes de ses peuples. Les aspirations et revendications des Indiens en particulier, la plus grande partie de la population dans certains pays andins, sont mal connues ou perçues dans nos schémas réducteurs. Alain Labrousse a su se mettre à l'écoute du monde andin. Il présente certains aspects mal connus de la culture indienne - usage de la coca et combats rituels - et insiste sur leurs liens avec les luttes politiques et syndicales. Il montre bien que les luttes de libération du continent se forgeront dans une alliance entre Indiens et non-Indiens contre l'exploitation et l'impérialisme. |
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LE BOT, Yvon, 1994, Violence de la modernité en Amérique latine : Indianité, société et pouvoir, Ed Karthala. L'auteur propose une réflexion de fond à partir des expériences parmi les plus fortes en Amérique latine : le Katarisme bolivien, le mouvement indien et les guérillas en Colombie, la confrontation entre Miskitos et sandinistes au Nicaragua, le mouvement indigène en Equateur, les relations entre le Sentier lumineux et les communautés au Pérou, le soulèvement néo-zapatiste dans l'Etats du Chiapas au Mexique. |
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LE BOT, Yvon, 2009, La grande révolte indienne, Ed Robert Laffont, 363 pages. De la Terre de Feu à la Californie, la première étude globale de la question indienne par le spécialiste mondial du sujet. L’émergence indienne, phénomène majeur des dernières décennies en Amérique latine, s’est effectuée par des voies pacifiques et a transformé l’image d’un continent encore trop souvent identifié avec les dictatures et les guérillas révolutionnaires. Les Indiens comptent parmi les rares acteurs à l’échelle mondiale qui combinent projet culturel, revendications sociales et aspirations démocratiques. Ils ont acquis une nouvelle visibilité dans tous les pays d’Amérique latine, qu’ils y représentent une part importante de la population (Équateur, Bolivie, Pérou, Guatemala, Mexique) ou qu’ils ne soient qu’une minorité plus ou moins significative (Colombie, Brésil, Nicaragua, Panamá ou Chili). |
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MANERO Edgardo, SALAS Eduardo, 2007,Mondialisation et "Nationalisme des Indes"Contestation de l’ordre social, identités et nation en Amérique latine,176p. Dans une perspective d’étude comparée, ce livre cherche à restituer le rôle de la Nation dans les processus de recomposition politique vécus depuis les transformations des années 1990 en Amérique latine. Dans cette région, la discussion sur les identités et la pluralité des Nations et des cultures à l’intérieur des États, s’est intensifiée en raison des processus de globalisation et de régionalisation ainsi que des projets d’intégration en cours. L’ouvrage s’inscrit dans le cadre de travaux qui visent à clarifier la tendance propre à la phase actuelle du capitalisme : homogénéisation/universalisation, particularisation/fragmentation. |
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RUDEL, Christian, 2009, Réveils amérindiens - Du Mexique à la Patagonie, Ed Karthala, 240p. Lorsque, au soir de son triomphe, le 18 décembre 2005, le nouveau président bolivien, l'Indien aymara Juan Evo Morales Ayma, s'écria : " L'année prochaine commence la nouvelle histoire de la Bolivie, celle de l'égalité, de la justice sociale, de la paix et de l'équité ", tous les peuples indigènes de l'Amérique dite latine sentirent que la victoire d'Evo Morales était aussi leur victoire - un couronnement de leurs longues luttes - et que la " nouvelle histoire " annoncée n'était pas pour la seule Bolivie mais pour tous les peuples indiens. La victoire de l'Aymara Morales allait effacer plus de cinq siècles de diverses dominations étrangères, de mépris, de rejet brutal dans la sous-humanité, de déni de tous les droits humains et de pillage des richesses du sous-continent. Elle allait enfin ouvrir les portes de la liberté, de la réappropriation de l'histoire et du " vivre bien " selon la philosophie indienne, c'est-à-dire en harmonie avec le cosmos, les hommes, la nature et la vie sous toutes ses formes. Mais il reste des combats à mener. |
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WERMUS, Daniel (Auteur), COPPENS, Yves (Préface), 2002, Madre tierra ! : Pour une renaissance amérindienne, Ed Albin Michel, Collection Guides Clés, 266p. Dans les sept pays abordés - Mexique, Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua, Costa Rica et Panama - comme dans le reste du continent, les initiatives foisonnent malgré l'adversité : violence, exclusion, nature déchaînée. De la radio indigène citoyenne au collège qui forme les cadres mayas de demain, du village qui répond à la pollution pétrolière par des chants et des danses aux chamanes qui soignent les drogués, la démarche est semblable : reconstruire le passé pour redevenir soi-même au XXIe siècle. Madre Tierra !, c'est aussi le cheminement d'un couple franco-suisse, Diego et Christiane Gradis, qui ont abandonné leurs brillantes carrières pour créer Traditions pour Demain, une ONG qui aide les peuples autochtones à recouvrer leur identité. Depuis quinze ans, ils osent affirmer : « Nous connaissons des Indiens heureux. » |
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