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Tahiti face à son âme : (L'univers ma'ohi couvre un espace océanique vaste comme l’Amérique centrale et du Sud depuis les îles Hawaii Selon la conception polynésienne du monde, l’âme, après s’être séparée de ses enveloppes et coquilles temporelles, effectue un parcours précis, à l’intérieur de son mata’einaa, puis se dirige vers le promontoire de Tataa ; c’est là qu’elle se recueille, fait le bilan de son incarnation et comprend ce qu’elle a accompli. Elle se concentre alors et prend, parmi les différents voies possibles, celle qui la mènera de Te Ao ( le monde matériel, visible ) à Rohutu, Hawaiki, Te Pö (le monde immatériel, invisible). Aujourd'hui la société propriétaire de l'hôtel jouxtant Tataa veut dénaturer le site, raser la colline, et y installer 40 villas de luxe. Au bas de cette petite colline, l’hôtel de luxe « Tahiti Beachcomber » détenu par la société TBSA (Tahiti Beachcomber SA ) et un fonds de pension de l’Etat de Washington, le « Washington State Investment Board » s’étale jusque sur la mer avec des bungalows pieds dans l’eau implantés sur le domaine public. Dans une commune grevée de son accès à la mer depuis la construction sur le lagon de l’aéroport international de FAAA et de la base militaire, l’accès à la mer pour les habitants de FAAA se résume à la petite crique de Vaitupa. Autant dire que ces deux projets immobiliers, sans le consentement éclairé de la population et de la communauté locale ne font absolument pas l’unanimité. Plusieurs associations de protection de l’environnement, culturelles et cultuelles et du respect des droits de l’Homme ont rejoint les associations de proximité. Les Services Techniques de l’Urbanisme ont rendu un avis défavorable concernant l’étêtage de la colline de Tataa qui éliminerait de ce fait un tampon important contre les nuisances sonores occasionnées par le flux de l’aéroport international tout proche qui déflagreraient plus encore sur les vallées proches. Les impacts socio-culturels de ces projets sont incalculables car ils devraient se compter sur plusieurs générations. La construction d’une marina de luxe à cet endroit équivaudrait à empêcher le dernier accès à la mer et à ses ressources. Il portera atteinte à la transmission des savoirs séculaires liés à l’environnement marin : vivre de la pêche, connaître le cycle des créatures marines afin de pouvoir les protéger, comprendre les cycles de la lune, ramer vers l’Océan, mais aussi tout simplement avoir une qualité de vie, se baigner, rire. D’autant que depuis l’implantation des bungalows sur l’eau réduisant encore plus l’espace maritime public, l’hôtel interdit le passage sur la plage aux riverains et ceci en toute illégalité... Les associations oeuvrant pour le respect de Tataa et Vaitupa ont rencontré le promoteur pour proposer des alternatives au projet immobilier de Tahiti Beachcomber SA et du Washington Investment Board. Mais à ce jour, TBSA réagit en propriétaire et ne veut pas même voir les atouts culturels que pourrait apporter au tourisme une bonne gestion de ce site. Si TBSA détient un titre de propriété pour le « sol » de Tataa, les fonctions « communautaires » c’est-à-dire valables pour toutes les âmes qui décident de prendre ce chemin doivent être respectées et la question posée est TBSA peut-il mettre en péril l’espace d’envol des âmes dont il n’est pas propriétaire ? Les associations regroupées en une alliance redoublent d’attention face aux menaces que représentent ces deux projets, d’autant que le gouvernement de Tahiti très instable politiquement avec une majorité à 28/29 n’ose prononcer le classement de Tataa de peur de voir un représentant du gouvernement basculer d’un côté ou de l’autre. Il faudra donc compter sur la pression pacifique de la société civile pour la conscientisation de symboles aussi importants et respecter Vaitupa et Tataa. Mareva NETI DE MONTLUC
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Localisation du Tataa sur l'île de Tahiti.
Site de Tataa.
Vue aérienne de la commune de FAAA : les bords de la photo marquent les limites géographiques de la commune de FAAA. Commune la plus peuplée de Tahiti, son littoral et l’accès à la mer sont grevés en grande partie par l'aéroport international de TAHITI-FAAA. En fin de piste, la crique de VAITUPA, avec quelques bateaux de pêcheurs et des pirogues. Sur l'autre berge de VAITUPA, le complexe hôtelier du Beachcomber et la colline de TATAA à la limite de FAAA
Vue de la mer de la colline de TATAA où aucune structure humaine n'a jamais figuré comme pour mieux souligner la fonction de chemin d'envol des âmes de ce promontoire. Au pied de la colline, le début des bungalows du Beachcomber construits sur le lagon et les coraux, grevant l'espace de pêche des habitants de la commune de FAAA et entravant l'accès à la plage.
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