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BRESIL

LETTRE OUVERTE : NON A BELO SUN !

Il n'est pas possible d'admettre une autre violation de la légalité environnementale en Amazonie. Les intérêts privés des investisseurs de Belo Sun ne peuvent pas s'imposer au détriment de la vie et de la sécurité des populations traditionnelles et urbaines du Xingu !

Les signataires de la lettre ci-après y expriment leur opposition à la délivrance imminente d'un permis environnemental au projet d'exploitation minière de la compagnie canadienne Belo Sun. Cette compagnie veut ouvrir la plus grande mine d'or du Brésil, à quelques mètres de la Grande Boucle du fleuve Xingu, exactement là où le débit du fleuve sera considérablement réduit en raison de la construction du barrage de Belo Monte. Dans cette zone, mondialement connue pour ses espèces halieutiques introuvables ailleurs, les communautés indigènes seront particulièrement affectées. Pour l'extraction du métal on utilisera des énormes quantités de cyanure, matériau hautement toxique, qui formeront des montagnes de déchets, au volume équivalent à deux fois la Pain de sucre de Rio de Janeiro et qui endommageront à jamais les rives du Xingu.

Les rives de la Grande Boucle du Xingu :
Localisation du projet Belo Sun et des routes de navigation indigènes

Deux Territoires Indigènes (Arara et Paquiçamba) et des groupes isolés se trouvent approximativement à 10 km. du projet. Le secrétariat d'Etat à l'environnement de l'Etat de Parà a déjà diffusé un rapport technique affirmant que le projet minier est viable du point de vue environnemental. Ce rapport a été fait sans étude d'impact sur les groupes indigènes voisins et ignore le droit de ces peuples d'être consultés préalablement, comme le stipulent la Constitution fédérale brésilienne et la juridiction internationale sur les droits humains des peuples autochtones.

L'évaluation des conséquences environnementales ne donne aucun détail sur les interactions du barrage et de la mine. Le secrétariat d'Etat ignore également les hauts risques d'accident : fréquents écoulements toxiques des barrages de mines qui provoquent, dans le monde, environ une rupture tous les huit mois. La plupart de ces écoulements se produisent aux États Unis qui possèdent pourtant une haute technologie et une réglementation rigide, les deux faisant défaut dans la région du Xingu. En outre, après l'étude environnementale, la compagnie a doublé la taille du projet sans analyse supplémentaire. Par conséquent, l'évaluation déjà réalisée est totalement insuffisante pour qu'un permis soit accordé. En septembre 2013, le Ministère public fédéral a relevé plusieurs irrégularités dans le processus d'attribution du permis et a recommandé au Secrétariat à l'environnement du Para de ne pas l'accorder.

L'agence fédérale de l'environnement, IBAMA, a approuvé le projet Belo Monte tout en admettant ne pas avoir eu le temps d'en analyser les effets cumulés. Elle a reporté de six ans les études environnementales de fond c'est-à-dire après que le barrage sera construit, afin de savoir si ses effets sont supportables ou non par la population et l'écosystème.

Les dommages seront donc évalués quand ils auront été causés

Autrement dit, approuver le projet minier de Belo Sun serait ignorer les énormes transformations de l'environnement que va causer le méga barrage de Belo Monte, les dommages aux populations locales qui empêcheront une évaluation correcte des risques créés par la mine et les interactions imprévisibles des deux méga projets.

On ne peut accepter la promesse que des mesures d'atténuation des risques résoudront les problèmes. Le gouvernement brésilien a promis à la société que l'usine de Belo Monte sera un exemple de gestion des conséquences environnementales mais on constate aujourd'hui un total manque de cohérence entre la poursuite de la construction du barrage et la conformité aux conditions posées par le permis de le construire. Les "mesures d'anticipation" et les programmes d'atténuation des risques viennent juste d'être mis en route, plus de deux ans après le démarrage de la construction. A cause du barrage, les peuples indigènes et les communautés riveraines ont déjà constaté la disparition des poissons sans que la compagnie propriétaire du barrage n'ait donné aucun signe de juste compensation. Dans ce même contexte de violation des normes environnementales et de la cooptation politique, le Secrétariat à l'environnement du Para veut autoriser la réalisation d'un énorme projet minier sans qu'aient été effectuées les nécessaires études de base.

Il n'est pas possible d'admettre une autre violation de la légalité environnementale en Amazonie. Les intérêts privés des investisseurs de Belo Sun ne peuvent pas s'imposer au détriment de la vie et de la sécurité des populations traditionnelles et urbaines du Xingu !

Texte en français de la Lettre ouverte

Accès au site de AAVAZ pour signer la lettre

Liste des ONG à l'origine de la Lettre

Vidéo en anglais

 

www.gitpa.org