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Chronique d’un été indien au Brésil
Vague de manifestations des indiens contre les projets de la Présidence

Le Brésil connait la plus importante vague de protestations de ces dernières décennies pour dénoncer notamment le manque d’amélioration des services publics et une corruption généralisée de la classe politique qui coûte, selon différentes sources, en terme d’argent public détourné, plus de 20 milliards d’euros par an.

Dans ce contexte, les indiens déjà très mobilisés dans leurs luttes se sont joints aux cortèges des autres luttes notamment en faisant le lien avec les mouvements étudiants.

Il faut dire, que depuis ces derniers temps, les indiens du Brésil sont confrontés à la multiplication des menaces en matière d’expulsion de leurs terres et de déforestation.

Elles entrainent des mobilisations importantes en particulier contre la construction de l’immense barrage de Belo Monte ou des projets d’exploitation minière comme dans l’état de Para.

La nouvelle proposition de Loi complémentaire s’ajoute à d’autres projets législatifs qui, depuis quelques mois, tendent tous à remettre en cause les droits des indiens au profit des propriétaires terriens et de divers projets industriels.

Cependant, celle-ci va bien au delà des précédentes lois. Selon Cesar Sanson sociologue dans l’état de Parana, ce projet constitue "une menace non seulement pour les territoires mais aussi pour l’intégrité physique des autochtones, les terres, les eaux, l’air, la biodiversité et les minéraux qui seront subordonnés à la logique de la productivité".

 


2 mai. Altamira, Occupation par 150 guerriers Murukuku du chantier principal de construction du barrage Belo Monte. Les Indiens exigent l’ouverture de négociations avec le gouvernement brésilien car d’ici deux ans, leurs terres seront inondées par le barrage, soit 500km2, et plus de 16 000 personnes expulsées.
Voir le site Ocupacao Belo Monte


15 mai, Un indien Terena, Oziel Gabriel, a été mortellement atteint par un tir de la Police Fédérale qui intervenait pour faire cesser l'occupation, par les Terena, de la fazenda Buriti située sur la Terre Indigène Buriti. Il s'agit d'un territoire indigène de 172 km2, reconnu en 2010 comme traditionnellement occupé par une partie du Peuple Terena (environ 2 500 personnes). Elle est située dans la municipalité de Sidrolândia, dans l'état du Mato Grosso do Sul . Une controverse juridique avait permis l'intervention de la police malgré un recours de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI.

Voir la vidéo


6 juin. Devant le Palais gouvernemental à Brasilia, des Indiens protestent contre un projet de barrage hydroélectrique.
Environ 150 indigènes ont tenté d'entrer dans le Palais du Planalto, siège du gouvernement fédéral à Brasília, pour remettre une lettre à la présidente de la république Dilma Rousseff, mais la police les en a empêché. Au moins 50 hommes de la police législative, Police Fédérale, et Police Militaire ont expulsés violemment le groupe d'indigènes du siège du gouvernement. Les indigènes, qui sont resté.e.s pendant trois heures devant l'entrée du Palácio, protestent contre la violation des droits promue par les grands projets hydroélectriques en Amazonie.
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11 juin. Les indiens Muduruku, Xipaya, Arara et Kayapó, protestent contre la construction du barrage de Belo Monte et de plusieurs usines hydro-électriques en projet le long du fleuve Tapajos en Amazonie occupent le siège de la FUNAI, à Brasília
Lire la Lettre : « Le gouvernement ne veux pas nous entendre ».


7 juillet. Le « Collège des leaders » de la Chambre des députés demande un vote en urgence d’un projet de loi complémentaire prétend rayer sans aucune discussion, le chapitre "des Indiens" de la Constitution brésilienne. Il permettrait de légaliser les intrusions sur les terres autochtones et mettrait en œuvre une réforme agraire permettant l'ouverture de routes, la construction de barrages et de villes, d'explorer des minéraux et autres ressources naturelles sur les terres indigènes.


5 Aout
. Inquiétante évolution de la situation chez les indiens Tupinambas. Le peuple Tupinamba dénonce les choix du gouvernement de la présidente Dilma Rousseff en faveur de l’agro-industrie qui tendent à remettre en cause les droits de leur communauté. Les indiens sont dans l’attente, depuis plus d’un an et demi, que le Ministre de la justice signe le décret attribuant les territoires revenant à la communauté indienne.
Lire la pétition (en français)
Pétition à signer sur avaaz (en brésilien)
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10 juillet. Dilma Rousseff reçoit une délégation représentant l’ensemble des communautés indiennes du Brésil avec la volonté de montrer une image d’ouverture dans un contexte troublé par les mouvements sociaux. Le même jour, les grands propriétaires terriens, des responsables gouvernementaux et leurs alliés se sont réunis pour produire un projet de loi qui constitue la pire offensive de remise en cause du droit à la terre des indiens et notamment les territoires qui avaient déjà fait l’objet d’une délimitation.
Lire la lettre remise à la Présidente



13 juillet. Interview de l'anthropologue Manuela Carneiro da Cunha, une des plus influentes spécialistes de la question indigène au Brésil et membre du réseau des experts du GITPA. Elle accuse la politique de la Présidente Dilma Rousseff de promouvoir un développement de caractère "sauvage", sans respecter "les barrières qu'imposent les impératifs de justice, des droits de l'homme et de la protection (de la nature)". Selon elle, la Présidente" paraît être de plus en plus l'otage du PMDB (Partido do Movimento democràtico brasileiro, de centre droit) et du lobby agro commercial qui s'est allié aux évangélistes".
Lire l'Interview dans le journal Folha de Sao Paulo

Informations sur les peuples indiens du Brésil sur le site du GITPA

 

 

 

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